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samedi 13 août 2016

Majeur

Je laisserai en arrière, de la poussière sur mon manteau, quelques larmes passagères dans la mémoire des proches, je laisserai un silence une pause, quelques balbutiements de poésie, je cohabiterai avec le désert.

Je disparaîtrai au dessert, entre la crème et la cerise sur le gâteau, parce qu'il faut bien faire mystérieux, quand on devient gâteux, je mettrai une fausse panthère et des griffes, monsieur, monsieur qui côtoyez ma mère dites lui que je pense à elle, monsieur monsieur qui côtoyez mon père dites lui… je laisserai en arrière mon majeur en l'air, face au monde des hommes.

jeudi 23 juin 2016

8 heures

8h j'm'lève et j'regard' le soleil.
Pas besoin d'un réveil.
J'm fais un bon café
et pis je me laiss' aller

à voyager derrière mes carreaux.
Et j'vais loin dès l'matin
avec ma tartin' de pain
et mes rêves à gogo.

Je verrai bien l'orient
ou bien encor l'occident
si seul'ment j'avais l'temps
de fair l'tour de mon appartement.

Mais voilà je suis bien trop pris
avec mon agenda d'folie.
Midi j'reste encor au lit :
ça s'remue trop dans c'pays.

Alors je me laisse aller
et je r 'garde le soleil
jusqu'à m'aveugler.
Après c'est plus pareil,

le soir s'amèn sur l'bout des pieds
sans que j'le vois se pointer.
Trop tard pour s'affoler,
la nuit va tout régler,

Mes factur et pis mon loyer.
Pas la peine d'larmoyer,
d'main j'me mets au turbin
dès 8h le matin.

Demain c'est déjà aujourd'hui,
pas vu filer son matin,
la faut' à l'alcool de la nuit,
je sais c'est pas malin.

Si j'ouv' mes yeux enfin,
dehors c'est plus l'mêm' refrain.
Y a la crise toute grise
et sa bande qui défrise.

Ell's zon' tout l'trottoir
où les hom' circul't en noir.
Stop, ne m'fais pas le coup d'l'espoir,
demain sera jamais le matin du grand soir.

Alors ? Alors ;
j'laisse filer mon corps
entr' Rsa et peur du dehors,
jusqu'à ce que la mort

fass' les comptes et règl' mon sort
d'un tranchant sans remord.
En attendant j'laisse la bride
sur le cou d'mes heur'

et j'fil' des nuits torrid'
ent' minuit et cinq heur'.
8h j'me lève j'regard' le soleil
jusqu'à l'ultim' sommeil.

jeudi 24 mars 2016

Vivre

La vie grasse sur ma crasse,
la vie crisse et glisse sur l'asphalte,
la vie à pleines dents jusqu'à cisailler son fil,
la vie faut se la couler en coussins ouatés,
se la calfeutrer, se la protéger
parce qu'il y a dans son ventre
l'arrondi d'un espoir à naître,
à n'être que la main après la main,
une passade,
fulgurante passe.

La vie casse mes doutes,
arrache mes désamours,
la vie glisse son rire
sur tous mes pelages mouillés
dans mes rêves d'enfant,
la vie qu'on traque,
la vie qu'on braque,
qu'on triture sur le bitume,
la vie qu'on noie dans son chagrin,
qu'on perd dans un océan de drames,
qu'on brûle par tous les bouts.

La vie brute brutale
sur qui on bute à chaque pas,
la vie qu'on accroche à nos rêves
sans trêve et sans relâche
qui se donne sans retour à l’œil
qui la porte sur sa rétine.

Vivre jusqu'à l'usure des jours,
jusqu'à la nuit,
jusqu'à l'apaisement,
vivre rouge de nos essoufflements.

Vivre enfin
parce qu'on ne peut pas faire autrement.

Mais vivre bordel.

jeudi 17 décembre 2015

Monde nouveau

Je sais une chose, j'écris pour le vent mais pas pour les gens. A chacun ses lecteurs les miens tournent autour de la rose, soufflent sur mes pages, ne lisent que la surface des mots qu'ils couchent dans leur haleine les jours de grande lecture.

Je brame à tous les printemps dans les clairières pas dans mes livres – je n'en ai pas publié ou juste quelques bouts de moi qui coulent de mes lèvres et se répandent sur la page, essaime sur ses nervures et dessinent des arabesques qui n'intéressent personne, je remplis des bouteilles de messages sans adresses et je les lance dans un océan où les vagues obéissent à des respirations mécaniques. Mes blogs y sont des plages sans sable et sur ma Face de book poussent des « j'aime » troqués contre mes « j'aime » sur d'autres plages tout aussi blogue que les miennes.

Un monde nouveau est né qui double ce monde de chair et de terre, rempli d'images et de mouvements. Je n'y ai pas ma place. Mes mots y sont des étrangers, ma voix ne retient plus que l'ombre du ridicule et l'on rit, au mieux on se tait, toujours on se demande quel est cet hurluberlu hurlant dans le silence de son encre des desseins qui n'intéressent personne .

Il y circule un sens, sens écrit sans lecteurs, alors il vaudrait mieux que je ferme ma gueule et que je me contente de marcher sur mes fils de terre entre ciel et mer au pays où tout se mêle, se mélange, les hommes et les anges, les poissons et les animaux, là où l'eau imprègne le sang des hommes, là où il pousse des écailles sur la peau, là où l'on vit immergé entre deux marées : marécages et mare nostrum, là où la terre s’effile et file en neurones filandreux conquérir cette salinité que le soleil révèle dans un blanc ou rien ne pousse que la mort. Silence radio sous soleil radieux et blanc insoutenable.

Pourtant j'ai des choses à vous dire des mots à articuler les uns aux les autres tous à brailler en chants cacophoniques, polyphoniques, à ordonner, discipliner parce qu'il a de l'allure mon orchestre parce que ce qu'il gueule vient du fond des tripes, vit dans la boue de repas indigestes, espoirs déçus, dégoût politique, rupture climatique, tristesse face au carnage de mes amis à plumes dont le vol m'émerveille, poissons qui ne brilleront plus que dans l'océan de ma mémoire, toi mon animal de poil et d'amour parti au pays des meutes, des aboiements nocturnes quand la lune ronde bouffe tout son ciel, toutes ces vies perdues, ces forêts qui ne me parlent plus, mes fils coupés et ma vie d'homme dont les prolongements m'inquiète parce que demain...

Demain cette enfant que j'ai faite et son enfant que je berce plongent leurs yeux dans les miens y posent leur confiance et moi je ne peux que baisser mon regard et murmurer dieu auquel je ne crois pas fais que le pire ne soit pas leur quotidien.

mardi 29 septembre 2015

Elle emménage

Va falloir
laver, frotter, briquer,
fair' briller de la cave au grenier,
réparer, recoller,
des bois, blessés, froissés,
par des pas dissipés...

elle doit arriver

Enlevez vos idées noires
rengainez vos rancoeurs
balayer devant vos portes,
du propre, et du net,
elle emménage.

Bannir, traquer, piéger
sulfate et nitrate
Chasser de nos zones l'ozone
ranger, cribler, trier nos déchets,
Elle emménage.

Et puis nos mers et nos océans
brillants de nos huiles frelatés,
de nos dégazages sauvages,
lessivez, récurez,
elle emménage.

Ces oiseaux collés au rivage,
animaux mourant de nos pestes :
nettoyer, épurer nos us nos usages
de tous nos ravages,
elle emménage.

Et nos violences, nos disputes,
nos guerres juste à nos frontières,
et ces gens sans argent,
ces enfants sans parents,
atténuez rassurez,
elle emménage.

Va falloir bricoler,
arranger puis lustrer
plein de vies amochées,
mal barrées et cassées,
Elle va s'installer.

Rapiécer raccommoder, coudre recoudre
un monde trop endommagé,
et j'ai si peu de temps,
elle emménage.

Il reste un peu d'amour,
quelques rares rires
qu'il faut dépoussiérer,
des oh et des ah surprenants,
des plages et des oiseaux,
poissons et autres animaux
à aimer et bercer...

Va falloir lui dire,
dire et redire :
ce monde est sale, mal rangé
ce monde les hommes l'ont abîmé,
il va falloir le réparer,
le consoler le dorloter,
le briquer le lustrer
de la cave au grenier.

C'est déjà son monde,
et j'ai un peu honte
de tout ce désordre
que je laisse en partant.




lundi 27 juillet 2015

Cause, because

Qu'est qu'il dit à la radio ?...
Madinin-art.net
Qu'es' i dit dans le poste ?...
Cause ?...
Cause du peuple ? ...
La cause du peuple ? ...
Bin quoi le peuple, 
qu'es' il a fait encore le peuple ? ...

Aaah... la cause du peuple !
Défendre le peuple,
la révolution,
les ouvriers,
éradiquer la pauvreté !

Bin oui tiens !
Cause
la cause du peuple...
Cause toujours, oui !

Texte, © Joël Carayon

mardi 14 juillet 2015

Salade grecque



mediapart 14 juillet
Le Bolchevik, le Bolchevik est là, dans la peau de Syriza, avec lui le russe s'infiltre. Staline dans l'Acropole, l'Acropole que la triade accroche, écorche, égorge.

Vade rétro le Grec, le Charlatan qui drague dans son sillage l'âcre puanteur de la révolte, le fumet fumant l'enfer d'un diable rouge. Le Cruel s'en revient, le temps se met à la diète, le temps se met à la dette et l’Eurogroupe se trouble. 





Héra la déesse du Nord s'enflamme au Panthéon ou brûle à Bruxelles, hurle sur Athènes et tous les euro-dieux, verts, verts de colère, se rétractent, se contractent, se décotent. L'euro-zone se dépiaute. Qui est le coupable ? Le Grec, le Grec.

L'orthodoxe Héra, l'euro-doxe Héra, l'irascible Héra cible le bel Hellen, voleur de l'Or du Rhin, condamne l'antique Attique à l'heure austère, met à l'index l'élu artisan de la discorde .

Le bolchevik dans l'habit d'un dieu a dupé la puissante Héra, enlevé la belle Europe, violé l'euro. Il n'échappera pas à la femme humiliée.

Ne pleurez pas, ne criez pas, plaignez les fils de Prométhée. Les dieux trahis banniront leur judas et l'ire d'Héra foudroiera Le Grec aux yeux brûlés par l'anneau.

Le guide terrassé et le peuple soumis, la morale est sauve, n'est-ce-pas ?

Et Europe, candide ou perfide Europe, vierge et prude Europe, te voilà intacte. Pas touche le Grec aux dessous d'Europe, aux deux sous d'Europe. L'inflexible Héra surveille :

- Ôte tes mains le Grec, détourne ton regard. Et toi belle Europe, de la rigueur dans la tenue, s'il te plaît !













mercredi 8 avril 2015

Bagnoles

http://www.franceinfo.fr/liste/embouteillage
Les ram' des trams raillent les roues des voitures,
les grues gorgées d'orgueil promènent un long bec en bleu d'arrogance,
les marteaux pilons pilonnent et défoncent infatigablement.

La bagnole roule, et déroule ses roues
dans des rues aux trottoirs encrassés de gomme.

L'air boit le carbone,
l'auto le nez dans l'cul de celle de devant,
l'auto lâche ses gaz.

Et midi bouchonne, klaxonne, s'énerve.
Midi dans ses veines d'asphalte sclérose,
midi au bord de la crise cardiaque
midi palpite noir.

STOP

photo Midi Libre


Le genre, genr' humain
le genre s'affaire, le genre s'agite,
genre gesticule, genre s'agglutine, genre coagule,
vide et remplit le bus, bourr' débourre le tram,
gonfle puis dégonfle le ventre de l'auto
engorge la place, encrasse l'artère, empeste la ville.

La nuée bourdonne et couvre l'espace,
la nuée à l'assaut des tables de resto, des comptoirs de bistro,
des champs vierges d'hommes,
terres trachées tranchées d'où la ville coule
par de larges flaques d'un béton rugissant.

STOP.

Je prends une boule pour l'oreille gauche
je prends une boule pour l'oreille droite
et je coupe le son.
C'est bien plus rigolo de voir le défilé
dans un grand film muet.

Texte, © Joël Carayon

vendredi 20 mars 2015

Total Paradisiac


Total Paradisiac

Je suis aux Bermudes, je mets des bermudas. Bermudes, belles boîtes à lettres sans facteurs ni trompettes. Bermudes bermuda, da da da da, Ber mudes Ber mudes ber, berne le fisc, guide le fric.

Filez filiales, filles de l'air, filez aux Bermudes où l'on siège à couvert.

Nous ne sommes de nulle part, nous vendons achetons mais nous n'existons pas, fins limiers impossible de nous dépister.

Filez filiales filles de mon portefeuille, ni vues ni reconnues, filez au Triangle des Bermudes.

Un imparable voyage pour disparus improbables, passagers de papiers ou jeux d'écritures que la mer engloutit dans le secret de ses coffres.

Filez, filles de l'air loin des jeux de plages, mes filiales que l'on escamote onshore par la magie d'un tour, tour de passe passe.

Moi je paradis-fiscale sous l'ombrage des cocotiers.

Et mes filles chéries dévorent offshore du brut, du raffiné. 

Texte, © Joël Carayon 

vendredi 19 décembre 2014

Noël

Ils sont venus ils sont tous là, dès qu'ils ont su qu'il serait là. Ils sont venus ils sont tous là, dans ce trou à roi .Y a mêm' Gaspard et Balthazar le fils maudit avec des cadeaux pleins les bras et puis Melchior et tout son or.

Ils sont venus ils sont tous là, tous pour lui et lui pour tous. Lui qui nous a bien eu quand il a dit que la paix soit avec nous. Ça fait deux mille ans déjà et la paix on l'attend toujours. On lui pardonne, ce n'était qu'un enfant et même fils de Dieu, un enfant ça fait des rêve fous  et puis il a payé de sa peau sa trêve de Noël.

Aujourd'hui on se souvient le temps d'un apéro, d'une messe de minuit. On s'embrasse on s'enlace on s'en lave les mains.

Au nom du Père, du Fils et de la Mère qu'on oublie toujours et qu'on laisse au second plan pour une histoire de Saint Esprit,

Champagne !
















Texte, © Joël Carayon

jeudi 20 novembre 2014

Défauts de langue


« Cassi », le port de « Cassi »...

La voix off convenablement prononce et sa musique lisse le mouvement de l'eau pour la rendre à toute autre pareille. Dans la voix, elle frappe le rocher anonymement. Mais ici le rocher rejoint l'écume dans un éblouissement de blanc, blanc jusqu'à l'aveuglement. Ici ne t'y trompe pas la musique naît naturellement de ce mélange blanc-bleu qui remonte jusqu'à la langue et ouvre ses yeux, ses oreilles, sa bouche.

Alors quand tu dis « Cassi », voix off télévisée, tu amputes le chant de sa mélodie et quand tu dis « chant » « comme il faut le dire », avec l'entre deux de celle qui ne sait pas s'il faut se mettre à l'ombre ou dans le blanc, ni intime, ni publique tu lisses, glisses arrondit, industrialise, standardise les mots. Tu uses la langue ou tu la "pagnolises", comme ridiculise, comme pas sérieux, comme théâtre, opéra.

Mais dans cet accent, il y a du blanc, du bleu, et le rouge. Ici on danse, on rit rouge sang aussi, un sang qui n'est pas « song » du tout. Alors respecte ce vent que déforme ta langue et dit « le vent » pour qu'il explose dans ta bouche et dit « CassiS » pour qu'il siffle entre tes dents, dans ces villes dont le nom t'ensoleille ou t'ensommeille pour de bon.

Alors dis l'ombre ou le blanc mais ne parle pas de « blond » pour le « blanc » parce que le sang qu'on peut y verser n'est pas le son d'une opérette ou d'un « Marius et César ». 
 

vendredi 14 novembre 2014

Profil bas

Low profile comme on dit en anglais, foodiste comme on dit en anglais. L'anglais, la langue anglaise, la langue à l'aise dans le monde entier. Et ma française se rétrécit, grogne assiégée, enfumée délogée.

Smile comme on dit en anglais, smile ma langue smile de tout son cœur. Moi qui ne sait penser qu'en elle, ma langue, où je baigne depuis mon liquide amniotique jusqu'à mon verre de vin -rouge évidemment, serai-je... amputé, de tes façons de me dire ?

Profil bas comme on dit en anglais, comme on dit, comme, come on, come on petite française que je te tamise, que je te chekspirise, que je te trade, que je te traîne en ma city, que je te carnabystruite à la cornouaille, à l'écossaise, à l'irlandaise, que je te file à l'anglaise, la langue à l'aise.
Come on mon cher diminué dans ta langue contrainte circonscrite au petit hexagone exigu.
Je te phone, je te shoote, je te smile encore, je me selfixe dans tous les corners.
Iha Iha ! Hurray, hourra! Bébé, je te love dans tous tes coins de peau.

Comme on dit en anglais ? Comme on dit en français ?
Comme on dit
come on, come on.

Texte, © Joël Carayon

jeudi 13 novembre 2014

Indigne nous

Pour ce que nous ne crierons pas
Pour les mains sales que l'on blanchira
Pour l'amour que l'on ne donnera pas

Indigne nous, indigne nous

Pour nos yeux et leurs œillères
Nos motus et bouches cousues
Nos oreilles et leur bouchon

Indigne nous, indigne nous

Pour nous en remettre à nos dieux
Nous en être lavés les mains
Pour le sort qui en est jeté

Indigne nous, indigne nous

Pour nos phrases toutes faites
Nos excuses les plus plates
Nos calendes grecques
Nos regrets éternels

Indigne nous, indigne nous

Pour le ciel et sa terre
Indigne nous

Indigne nous toi qui es homme à ne pas nous laisser faire

Indignons nous,
Photo Thierry Erhmann
Indignons nous. 

©  texte propriété Joel Carayon







 

mardi 28 octobre 2014

Dur amour

Elle passait sur le fil de l'eau, marchait sur la rive, faisait les cent pas sous ma fenêtre où je la dessinais du bout de mon index. L'amour m'a jeté dans ses bras, puis il m'a rendu aveugle et je ne voyais plus qu'elle dans mon for intérieur.
Il m'a conduit jusqu'à son cœur qui palpitait jusqu'à se rompre sous ma main à moins que ce ne fut le mien hurlant à mon oreille qu'il aurait mal plus tard et ça lui donnerait la nausée ! Alors l'amour m'a rendu sourd et je n'ai plus entendu qu'elle dans le creux de mon oreille.
Je l'ai aimée aimée à plein cœur jusqu'à satiété mais l'amour m'a quitté par une belle nuit d'été, puis m'a repris pour me pousser dans d'autres bras pour d'autres musiques. Depuis il ne cesse de jouer avec moi comme d'un yo yo qui monte et descend dans un joli balancement sur une corde tendue avec un arc aux extrémités.
Un jour l'amour m'a blessé d'une flèche mal ajustée, j'ai souffert et mon cœur a flanché. Jeté, abandonné, aveuglé, assourdi, blessé l'amour me veut bien du mal et je ne comprend pas pourquoi.
dessin Gotlib

©  texte propriété Joel Carayon

jeudi 23 octobre 2014

Femmes

Nus, les bras nus et les épaules aussi et votre corps.
On ne les veut que nus, nus pour nous.
Femmes vous voilà nues, nuées de seins, de jambes, de sexe, nus.
Vous portez si bien le nu.
Nues et belles aussi,
pour nous offertes à nos regards qui déshabillent vos nus,
qui parcourent courent à l'essentiel de votre chair exposée admirée désirée,
couchée sur des divans de rêves, haletantes dans nos nocturnes divagations,
ouvertes, soumises, ou succombantes à nos charmes hypnotiques.
Sur nos pupilles plus nues que nues et si guerre il y a, vous devez la perdre.

Femmes découvertes pour nous et nues pour nos démons.
Femme nue -pécher dans l'oeil du mâle- comme une poussière irrite.
Femmes recouvertes de la tête au pied par notre désir d'homme,
femmes nous Vous chassons, nous Vous repoussons.
Femmes sous votre voile anonymement nues, dangereusement nues, cachez, cachez jusqu'à votre nom, cachez jusqu'à l'ombre de nos fantasmes.

Mais.

Femmes Mères, grosses de nos inquiétudes, gardez sur votre Sein Maternel la trace de notre passage, de notre Humanité, nous accrochés à votre peau, à votre Maternelle Nudité.

Femme ta fonction crée l'organe.
Mère nue n'est pas nue.
Femme mère, sans organe sans orgasme ;
amante -vierge d'enfants- darde notre sexe d'un appétit coupable.

Odalisque, photo

©  texte propriété Joel Carayon

 

mardi 21 octobre 2014

Voisinages





Pas sûr.
Non, sûr de rien!
On ne peut être sûr de rien.
Aujourd'hui ni demain... et que sera demain?

La mort la misère,
l'épidémie la contagion,
la contamination, la cont...le contact. Ne pas avoir de contact. 
Ne plus toucher la main de mon voisin. Se laver les mains, se laver l'esprit. 
Et ne pas toucher le monde. 
Ou alors avec des gants … Mettre un masque? 
Ne pas toucher le monde de ses mains nues.

Bizarre,
tout est bizarre.
Pas catholique mon voisin ni blanc comme neige.
D'ailleurs... serait-il d'ailleurs? 
 
Menace,
qui me menace?
Mon voisin, l'air de rien avec ses mains sales, ses idées étranges, son visage, 
sa couleur, son sang.
Menaçant voisin avec dans ses bagages, virus, chômage, cotisations, dette, crise, crises, vol, viol. Voile, voilé.

Attention !
Contact, Ne pas toucher.

ATTENTION. 
 
Fermer les portes et les frontières
Fermer les yeux. sur la misère, la mort, l'épidémie.
Leur misère, leur épidémie! Trouble misère, trouble fête, trouble voisin.
Troubles, terreur, terrorisme.
Mon voisin, sombre voisin.
Sa langue qui racle, dit des choses que je ne comprends pas. 
Dit du mal, maudit.
Maudit voisin!
Blind suspicions de David Goehring

©  texte propriété Joel Carayon
 

lundi 29 septembre 2014

Jus de carotte (juste un verre)

Je suis un peu lapin à ma façon et j'aime les carottes. Sur mon petit écran à moi, il y a la carotte qu'il me faut.
Ma carotte d'or et d'argent, pleine de pognon, de tune ou de biffeton.
Ma carotte toute en rose qui se hanche se déhanche en tortillant son petit cul appétissant.
Ma carotte d'amour, son cœur grand comme ça, plus petit si je veux.

Ma carotte sur mesure.
Ma carotte d'abondance ! 

Attention ici on touche avec les yeux, on aime en rêve.
Mais c'est si mignon!

Ma carotte me suit partout, dans ma poche sur mon phone, ma tablette mon PC, sur mes yeux, devant, tout devant.

Elle devant et tous derrière !

Et le jour du printemps...

©  texte propriété Joel Carayon

mercredi 24 septembre 2014

Méditations

Au fond le monde se passe indifférent et l'homme s'inquiète du peu de place que les choses de la nature lui font.
Il imprègne la terre de sa rage. En vain! Le temps froidement gomme ses marques, arase la pierre qu'il a taillée jusqu'à la rendre pareille aux autres galets!
La forêt comme une marée verte se retire des espaces qu'il urbanise puis se répand dès qu'il s'éloigne.
La terre se venge de ses excès.
Transforme son délire de grandeur en menace pour sa destinée.

A coup de sermons ou de prêches il cherche dans le passage des ombres, un signe de son élection.
Victime de sa mégalomanie délirante en accuse les temps,
Quelques diables furibonds ou hasard statistique.
Ou bien il partira vers sa propre découverte saccageant et tuant tous ceux qui ne chantent pas la même partition.
Il y a comme de la dictature dans cette souffrance des hommes.
Un aveuglement coupable parce qu'ignorance.

©  texte propriété Joel Carayon

mercredi 17 septembre 2014

Adam et Eve ou un paradis perdu ? Dix de retrouvés !

Il y a des jours où l'on cherche ce qui va,
où l'on croise les doigts les paupières closes.
Des jours passés à fouiller le ciel
pour y trouver un paradis qu'on a perdu. 
Car là-haut tout est beau.

Évidemment !
Les hommes n'y sont plus
pour empêcher les étoiles de scintiller
les hommes n'y sont plus
pour chambouler le Voie Lactée,
mettre à feu et à sang
le royaume de Dieu.
Il nous a fait à son image dit-on ?
Alors il sait de quoi nous sommes capables,
alors il sait de quoi nous sommes coupables.

Ces jours là il vaut mieux chercher où l'on ira,
vers une chanson qui pousse sur le trottoir,
une passante brune qui fait des vagues
dans les regards mâles, des jalouses dans les autres.

Il y a des jours où l'on cherche ce qui va
et quand on est deux pour trouver, c'est mieux.
Il suffit d'un regard dans tes yeux
pour y voir mes étoiles briller,
la Voie Lactée plus blanche qu'un verre de lait.


Il y a des jours où l'on ne cherchera pas
puisque nous sommes deux.
C'est suffisant quand on habite un Paradis !

©  texte propriété Joel Carayon

lundi 8 septembre 2014

Sacré Lapin


Le Magicien s'approche ; dans la main gauche le mystère et dans l'autre un morceau de sucre. Dans la troisième c'est à dire ce petit tabouret qu'on ne voit pas parce que recouvert du mystère de la main gauche, un verre rempli à moitié d'une eau qu'on ne voit pas non plus. C'est pour cela qu'il y a un trait au milieu sinon... le mystère s'épaissit.
Le Magicien jette le morceau de sucre dans l'eau du verre, l'eau qu'on ne voit pas et heureusement qu'il y a ce trait au milieu pour signaler le mystère. Du bout de sa baguette noire sortie de nulle part- certainement de son chapeau me souffle Le Lapin, du bout de sa baguette noire qu'il tient délicatement entre le pouce et l'index d'une de ses mains, je ne me souviens plus laquelle, il tourne tourne. Dans le verre ça fait un joli tourbillon où le sucre peu à peu disparaît !
Bravo, bravo !
Et devant mes yeux ébahis, mon voisin Le Lapin de me glisser à l'oreille : avec un peu de poudre de perlin pin pin, les promesses sont rondes en bouche, sucrées puis salées, amères au final.
Promesses qui lavent plus blanc que blanc pour un monde meilleur. Ici-bas ou dans l'au-delà , selon le magicien.

Sacré Le Lapin !

©  texte propriété Joel Carayon

http://loniriumillustre.files.wordpress.com/2012/05/lapin-magicien