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mardi 10 juillet 2018

Profession de foi!

Rigolare, rigolare,
rigoler jusqu’à l’hilarité,
être fou de rire comme fou de Dieu,
rouge d’un tremblement zygomatique irrépressible,

rigoler à rendre gorge,
déployer son cri comme un orage
par dessus les nuages,
gonfler le jabot jusqu’à son éclatement,
exploser, canonner d’un rire Berta,
rire viralement,
ha ha ha, cycloniquement !


Rigolare, rigolare,
rire à s’en faire péter la panse,
éclater, éclabousser le monde de ses tripes,
parce qu’il faut y mettre toutes ses tripes,
attester de sa foi dans le rire,
y aller frontalement,
jusqu’à la transe, jusqu’à l’au delà !

Se vider de toute les tristesses,
rire d’un rire gargantuesque,
être prêtre, missionnaire,
être en sainteté, sing-hilarité, sainte hilarité.

Sainte Hilarité riez pour nous, pauvres égarés,
pardonnez-nous nos vies moroses et nos tristesses,
ne nous laissez pas aller jusqu’à l’affliction
mais délivrez nous de l’ennui !

Allez jusqu’à la joie !
Ne pas craindre la crise de foi
ni la gueule des lendemains qui déchantent
mais rire d’un rire qui déjante !

mercredi 15 juin 2016

Maudit poète

Ferai mieux de fermer la fabrique à gamberge, finis les culs secs à la table d'un Rimbaud ou Verlaine, je bois et je trinque mais reste malvoyant, du maudit j'endosse la veste mais reste avec ou sans absinthe le poète myope mal-disant.

Ferai mieux d'aller à la pêche, troquer le mot contre une canne, taquiner le poisson quand le vers me boude, d'ailleurs douze pieds sur l'hameçon n'aguichent plus la truite, l'amateur des rives sauvages s'en va rimer ailleurs, trempe son fil dans d'autres cours qui n'ont plus cours, ces musées où des mots sont mis en momies, épinglés en ribambelles immobiles, mots grenouilles à disséquer en laboratoires de littératures chloro-déformants, dont le jeune apprenant ne retiendra que le cadavre écartelé et vidé de son sang.

Je veux de la chair qui bouge sous mes doigts, agite mes méninges, secoue l'encre de mon stylo, se bat et s'échappe quand je voudrais la maintenir dans mes cages, la montrer dans mon zoo. Je souris quand elle s'enfuit car sa vie est plus forte que ma phrase nécrophage.

La vie bordel s'absente de mon poème et c'est tant mieux car le chasseur de papillons garde l'espoir de la traquer encore, d'étudier son territoire, de lui voler quelques grâces avant qu'elle ne s'évanouisse à nouveau.

Je suis geôlier, je suis pêcheur, voyeur, montreur mais je ne suis pas un tueur.

mercredi 20 avril 2016

Un jour comme les autres

Je mets un livre audio en ligne pour quelques temps.
Chaque texte poétique fait référence à un événement de société actuel

avec des résonances dans le temps comme
un pavé dans la mare.

Cliquez sur le lien ci dessous et choisissez le fichier "Un jour comme les autres".

PS :dites moi ce que vous en pensez. Merci

Un jour comme les autres

jeudi 24 mars 2016

Vivre

La vie grasse sur ma crasse,
la vie crisse et glisse sur l'asphalte,
la vie à pleines dents jusqu'à cisailler son fil,
la vie faut se la couler en coussins ouatés,
se la calfeutrer, se la protéger
parce qu'il y a dans son ventre
l'arrondi d'un espoir à naître,
à n'être que la main après la main,
une passade,
fulgurante passe.

La vie casse mes doutes,
arrache mes désamours,
la vie glisse son rire
sur tous mes pelages mouillés
dans mes rêves d'enfant,
la vie qu'on traque,
la vie qu'on braque,
qu'on triture sur le bitume,
la vie qu'on noie dans son chagrin,
qu'on perd dans un océan de drames,
qu'on brûle par tous les bouts.

La vie brute brutale
sur qui on bute à chaque pas,
la vie qu'on accroche à nos rêves
sans trêve et sans relâche
qui se donne sans retour à l’œil
qui la porte sur sa rétine.

Vivre jusqu'à l'usure des jours,
jusqu'à la nuit,
jusqu'à l'apaisement,
vivre rouge de nos essoufflements.

Vivre enfin
parce qu'on ne peut pas faire autrement.

Mais vivre bordel.

lundi 8 février 2016

Poésie

Poésie

Une voix dans un téléphone ? Non un souffle profond, quelque chose comme une présence, la mémoire d'un outre temps, une pensée qui s'infiltre, un mouvement ample au creux de l'oreille, une respiration des ombres avec des mots à modeler, simplement la brise d'une vie à renouveler.

Une voix dans un téléphone ? Non un pont entre des mondes, un passage par où se rejoignent le père et son fils, l'espoir d'une réconciliation nouvelle, la foi presque religieuse née d'une compréhension mutuelle.

Un vœu ou une promesse ? Non sûrement une utopie...


jeudi 28 janvier 2016

Douce folie

Il marche dans la ville jusqu'au bout du soir
en emporte le soleil à fleur de trottoir
contemple la nuit qui suinte sur le béton,
l'éclaire de quelques rayons.
Chez lui il fera toujours beau,
chez lui il fera toujours chaud.

il va où son pas le conduit,
sa destination est l'oubli.
Passant tu liras ce qu'il dit
sur des lèvres qui miment sur son visage
un dialogue sans rivage.
Tu sais qu'il n'y a personne
pour qui ses paroles sonnent.

Pourtant de ta rive
tu surprends son rire
qui passe sur l'autre berge
dans le pays de ses rêves ,
des bribes de phrases brèves
qu'on entendra ici
mais qui parlent ailleurs
sur la parallèle de nos vies
en d'autres profondeurs.

Il vit sans vivre au bord du monde
ce bord qui le pousse hors de son corps
et l'invite à suivre d'autres abords
il vit partout à la ronde
Sur des scènes dont il est le mentor
et que l'on applaudit bien fort.

Alors tu t'écartes discrètement
pour ne pas réveiller ce costume qui dort
que rien n'habite sur ce port
et qui le quitte doucement.

vendredi 2 octobre 2015

Inconnue

Photo louise garin
J'ai reçu dans ma boite mail une bouteille mise à la mer mais je n'avais pas d'océan où elle puisse flotter... étrange... dedans un poème comme un message codé... intrigant... j'ai suivi le fil des mots... un trésor?... jusque sur une île comme une page ou plutôt une plage jonchée de mots échoués... Ah c'est donc ça la poésie!

mercredi 2 septembre 2015

Un amour de quotidien



Petits plaisirs

Cet or du fond de tes yeux, or fondu au bleu d'un ciel si profond si délicieux, cette symphonie à bec et à plumes par dessus, c'est du beau, du bon, du bonheur, mais…

Cet amour, pour toujours, à jamais, pour la vie, câlins, caresses, cadeaux et tous nos débords heureux; cet amour trace son quotidien, nous emporte sur son chemin. Mais...

Mais la mélodie modelée au fil de nos baisers délie le cœur du corps qu'elle anime, mélodie s'élime, rengaine s'assèche.

Petite aigreur, petite rancœur, petite fadeur, petite humeur, petite tumeur...tu meurs petit bonheur dans le chant d'un fado, do mi fa, do mineur. Et nos gazouillis, roucoulades, reculades s'enchaînent, nous enchaînent, nous gênent, nous irritent, nous tintamarrent, marre de cette volière qui serine, ressasse, rabâche, agace, encolére, tenaille…

ça nous met hors de nous. Hors du beau du bonheur et tu ressens dans la friction de ces heures, dans leur frottement lancinant, l'usure chagrinée de ce qui perle devient lèpre. L'envers de l'endroit, mais…

Mais les petits plaisirs font nos grandes rivières qui font les grands océans qui font les grands débordements et nos petites joies s'engloutissent dans de grandes catastrophes, alors…

Alors une petite colère, une gentille dispute, un mot juste plus haut que les autres, pas trop loin, pas trop fort, ni trop bof ni trop beurk, pas trop... ni trop... juste un peu de sel, un peu d'oxyde, un peu de sable, un grain, un brin de bof, de beurk, un petit cri, petit gris gris qui nous protège de nos peurs ...

un amour de quotidien.

mardi 21 juillet 2015

Estivales


Remi Dugoua
La ligne de nos vies se courbe dans le soir.
Coups d’œil sur le couchant, regards dans le soleil,
eau turquoise marbrée des ardeurs solaires.
Les rides d'une eau limpide glissent-perlent,
hâlent des peaux offertes à la promesse
d'une fraîcheur renouvelée
et les corps assoiffés s'ouvrent aux boissons colorées
sous la pression intrusive d'une chaleur lourde.

La peau, le corps, ses sens, son désir s'inclinent,
s'abandonnent aux caresses indiscrètes
de cette sans gêne aux brûlures équivoques,
rougeurs emmêlées de soupirs.

Un chant de mer pour tempérer les coups du chaud
et sous tes paupières, l'étrange paresse
après l'offrande au soleil,
sur tes hanches, le chatoiement discret d'une eau
que blanchit la vague,
sur tes yeux la trace d'un rêve,
l'ombre d'une saveur assouvie,
sur tes lèvres, le goût encore vivace d'un enchantement...

Pourquoi ces lignes précieuses et ridicules : la saveur du soir, le sel sur sa bouche, les rougeurs sur le blanc ? Elle te plaît, elle est belle, elle s'offre au soleil et ça te rend jaloux. Il faut faire quelque chose, dis-lui que tu seras aussi transparent que cette goutte sur son bras ( on commence toujours par le bras) même si ta main se glisse entre elle et la lumière solaire pour se fondre dans une caresse chaude. Dis-lui, ou plutôt mets l'âme de ta main sur elle, son ombre que ton soleil complice découpe, l'ombre qu'il conduit jusqu'à son dos, le double de ta main sur sa taille, et dans son demi sommeil... le frémissement enjoué d'une pensée entre le royaume du contour et son frère de lumière pour un désir né d'une obscure origine.

Elle frissonne, soupire, lève des yeux lourds vers la lumière, jauge la profondeur d'une plénitude, s'interroge sur cette soudaine langueur au soir naissant, mesure la distance qui la sépare de cette eau limpide dont le chant discret l'attire...

Il y a dans cette silhouette d'homme là bas comme une familiarité onctueuse qui me remplit d'une douceur liquide pense-t-elle.

C'est un bon début n'est-ce-pas, un bon début seulement, ta voix maintenant pour le domaine de son corps.

Texte, © Joël Carayon

samedi 4 juillet 2015

hétéro-poème

les putains du capitalisme (photo Dennis Dutchmetal)
Je ne prendrai pas mes mots d'une main gantée, j'irai les chercher là où les autres les ont jetés. S'il le faut je ramasserai les putains qui traînent en langue glauque et les sans droit d'être cités. Je les rassemblerai et leur donnerai des phrases où se mettre, rêver, exister, dans un jus, un hétéro-poème où se côtoient le cul pincé et le rustre parce que le monde est comme ça, habillé d'or et d'oripeaux. 

Texte, © Joël Carayon 

samedi 25 avril 2015

Bonheur.


Bonheur.
Luë, forêt de pins © Radio France - 2013

Ma pinède, 
ses pins qui montent comme des ratures, 
son souffle de dedans, vers moi qui le recueille. 






photo : Leonardo Amaro Rodrigues


Bonheur.

Aujourd'hui je n'ai pas eu mal,
aujourd'hui je n'ai pas eu faim,
je n'ai pas été seul,
je n'ai pas eu de folies ni fait de crises.





Texte, © Joël Carayon 

lundi 15 décembre 2014

Ma nuit d'une encre bleue

Ma nuit d'une encre bleue déploie ses étoiles
qu'un soleil lointain réchauffe.
Ailleurs à l'autre bout de la terre
un jour s'allume qui borde ma nuit.
Des yeux s'ouvrent là où les miens se ferment
brillants des milles feux d'un rêve
qui s'achève, d'un qui se lève.
Et l'enfant s'émerveille de la rondeur des astres,
d'une lune qui se joue d'un soleil,
d'un jour qui vient après la nuit. 
 

























Texte et photo © Joël Carayon

dimanche 14 décembre 2014

Cigale et fourmi

Elle me parlait sous je lui répondais en vers.
Elle me parlait pierres, Pinel, Duflot,
je lui répondais Jacques, Boris ou Queneau.
Elle me parlait fourmi je lui parlais cigale.

Elle avait peur que je m'envole et me serrait fort contre ses pierres
mais la poésie donne des ailes
et nous planions entre deux airs sur notre montgolfière.
et nous jetions les pierres et les vers par dessus la nacelle
parce que la vue d'en haut était bien plus belle, le soleil bien plus rond.

Et puis on éteignit la lumière
et le reste n'est pas dit dans la chanson.















Texte, © Joël Carayon
Photo je sais plus allez voir sur Flickr mot clé montgolfière

vendredi 12 décembre 2014

po-être

Le soleil dénonce l'âpreté des choses, l'ombre en adoucit les contours. Je veux être à l'aube ou au crépuscule un pied au soleil et l'autre sous la lune, rôder à la frontière, marcher à la lisière, à la jointure des mondes, sur le fil du jour et de sa nuit. Raisonnablement fou.

http://www.oxygene-montagne.ch/images/grandes/oxygene_montagne161_01.jpg













Texte, © Joël Carayon

mercredi 3 décembre 2014

Suspension


Et alors , ça vient ?

Bin, dis donc, tu parles d'un poète
Eh oh Du poète, elle est où ta… poésie ?
En suspension.
C'est ça la Poésie Moderne, trois petits points et puis s'en va ?
Eh le pouet pouet ! T'as perdu la voix ?
Elle est en suspension.
Allez, fais nous rêver.
Tu sais pas ? Et pleurer, tu sais faire ?
Allez, je sais pas moi… parle moi d'amour… dis moi des choses tendres… dis moi que tu souffres loin de ses yeux
Parle moi du temps qui part et ne revient pas…
De l'errance alors, de ton malheur de poète. Fais moi des pouèt pouèteries.
Tu sais même pas faire, je parie. Ou alors t'es muet, tu sais pas de quoi parler, tu sais pas écrire peut-être. C'est ça, tu fais des points parce que tu sais pas écrire ! T'es pas poète, tu fais le poète.
Elle est en suspension
Quoi, la poésie en suspension, le poète en lévitation au dessus du monde, la poésie, la Grande Poésie au-dessus du monde ?
Et pourquoi tu l'écris pas, pourquoi tu le dis pas, pourquoi ?
Je suis en grève.
… 

dimanche 30 novembre 2014

Ne machez pas vos mots


Imaginez, bricolez, fabriquez. Brevetez vos dérives, susurrez, chantez, bercez nous de la lie de la langue, des exclus du dico, des parias du Bon Goût

Parlez gros, parlez gras, bouffez du mot qui tache, glisse sur la langue et puis s'échappe.

L'époque est au light

aux précautions d'emplois,
au lavé, délavé, essoré, essuyé, emballé, désodorisé, reparfumé, recoloré.

L'époque est à manier avec des gants.


Ôtez vos gants,  jetez vos pincettes,  prenez à pleine main.

Jetez la guimauve, le sirupeux, les pas trop, juste un peu, les trop tôt ou trop tard pour moi.

laissez vous glisser, laissez vous aller,
           
            à la dérive,
            au vagabondage, 

laissez vous surprendre.


Inventez la vie qui vous va,
prenez à bras le corps,
embrassez sans peur et sans reproche.

          Dépliez vous

          allez ailleurs.















Texte, © Joël Carayon

mardi 4 novembre 2014

Souvenir

Un feu qu’on allume nourri des bois de la terre
Avec ses flammes sans cesse renouvelées.
Sereine quiétude dans le noir nocturne.
Instant arraché de l’ordinaire
Fixé dans nos écritures.

L’éternité dans son rappel nostalgique.


vendredi 24 octobre 2014

mercredi 22 octobre 2014

Ombre découpée dans un carré de soleil…

Ombre découpée dans un carré de soleil à contre-jour. Double inconsistant d’un corps brillant de lumière. Les yeux qui passent dans son champ sont capturés. Et là tout bascule.
L’ombre s’approche et le corps se dessine. Les avant- cœurs dansent leur vie de charme au rythme des jambes. Ils appellent le regard de leur mécanique ondulatoire. Appel convaincant. Au-dessus - si tes yeux arrivent à se détacher- un visage avec le sourire dans un coin des lèvres pour dire ce que la bouche tait.
L’ombre marche – sur un trottoir ?- poussée par un été généreux dans sa robe de jeunesse.
Tes yeux voudraient bien la toucher du bout des cils, glisser discrètement sur sa peau. Tes yeux secoués par une déferlante qui s’enroule puis se déroule comme une danseuse espagnole. Avec tout au fond, le claquement des talons qui éclaboussent la rue.
Ils voudraient bien que deux mains les prolongent, enveloppent le corps puis doucement se posent sur ses hanches. Mais les mains voudraient bien d’une bouche avec deux lèvres pour jouer leur partition dans la chanson, d’une peau qui dise oui de toute sa chair et son esprit aussi.
Là-bas. Le regard se pose sur les hanches. Les bras renversent délicatement le corps sur les cuisses, le serre un peu contre la poitrine. Les doigts affleurent la peau. La voix vibre de toutes ses cordes et le chant sonne d’arpèges langoureux.
Lui pose la mélodie et elle la joue de tout son être de bois. Leurs yeux ne voient qu’un fond d’ombre où sourd une cascade d’effervescence. Ils étancheront leur soif musicale à l’âme de cette eau. Puis elle se figera dans sa posture de guitare. Il l’étendra dans sa couche recouverte de velours rouge et ils s’effaceront dans l’ombre épaisse de la scène.
Fin de concert. A demain.

©  texte propriété Joel Carayon

mercredi 20 août 2014

Tempeau

http://blog.typogabor.com

Images, rêve Musique.
Un cœur qui pulse et palpite et danse
Poussé par le tempo.
Action !