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jeudi 24 mars 2016

Vivre

La vie grasse sur ma crasse,
la vie crisse et glisse sur l'asphalte,
la vie à pleines dents jusqu'à cisailler son fil,
la vie faut se la couler en coussins ouatés,
se la calfeutrer, se la protéger
parce qu'il y a dans son ventre
l'arrondi d'un espoir à naître,
à n'être que la main après la main,
une passade,
fulgurante passe.

La vie casse mes doutes,
arrache mes désamours,
la vie glisse son rire
sur tous mes pelages mouillés
dans mes rêves d'enfant,
la vie qu'on traque,
la vie qu'on braque,
qu'on triture sur le bitume,
la vie qu'on noie dans son chagrin,
qu'on perd dans un océan de drames,
qu'on brûle par tous les bouts.

La vie brute brutale
sur qui on bute à chaque pas,
la vie qu'on accroche à nos rêves
sans trêve et sans relâche
qui se donne sans retour à l’œil
qui la porte sur sa rétine.

Vivre jusqu'à l'usure des jours,
jusqu'à la nuit,
jusqu'à l'apaisement,
vivre rouge de nos essoufflements.

Vivre enfin
parce qu'on ne peut pas faire autrement.

Mais vivre bordel.

dimanche 22 février 2015

Tu ne veux pas voir le Couchant

Tu ne veux pas voir le Couchant,
tu ne veux pas voir flamber le monde
sur le bord de la nuit,
quand l’œil plonge dans l'océan,
les rouges bleuissent,
le soleil se drape de la sueur des cieux ?

Je préférerais le Levant
qu'il réchauffe de son sang
quand le jour s'éclaire
d'un espoir grandissant.
Quand la vie commence.

Je préfère les promesses d'un jour
au bilan du soir qui sombre.

Texte, © Joël Carayon

lundi 19 janvier 2015

Espoir


Des notes gouttes à gouttes, partition de ce matin, matin d'hiver. Pluie de gris et de chagrin.

Des notes gouttes à gouttes s'engrossent puis tombent de feuilles en feuilles.

Entre elles le silence, le silence du froid, du froid immobile. 
 
Des notes gouttes à gouttes s'égouttent.

La pluie grève l'espoir, l'espoir notes après notes perle de nos vies et la vie que le désir déserte s'affaiblit gouttes après gouttes.

Et la boucle s'enroule petite coquille vide, colimaçonne dans son gris ni de jour ni de nuit.

La vie étale s'affale sur son étal de nuages fades,

goutte à goutte pluie de gris et d'argent ruisselle en ce matin, matin d'hiver,
mélodie de cristal humide où nos yeux se vident de leur plainte,

Notes et gouttes unies dans la profondeur d'une symphonie où je me perds,
un très bref moment livré au respir d'une infinie profondeur d'où j'entends battre, lointain et sourd, le rythme de toute chose.

La lumière en jets épars gagne sur l'ombre et la grisaille, l'argent du deuil embelli de l'or d'un jour meilleur.