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jeudi 11 février 2016

Fraternité



Il est là dans son état d'homme. Belle, elle donne et lui reçoit, elle bonne et lui mendiant, dans son image l'amour et lui dans son reflet le manque, cruel dénuement de la main qui frissonne et compassion gracieuse dans le mouvement du bras, son prolongement dans le regard, dans la naissance d'un sourire de haut en bas, de celle qui marche vers celui qui est assis et qui lève les yeux vers le bras, le regard puis le sourire. Il prend la compassion et son expression, dit merci de sa bouche qui s'étire, elle prend ses yeux qui brillent d'un surplus d'humidité, elle prend le symbole des lèvres, elle prend le désarroi, l'inclination légère de sa tête, le soulagement passager frère de son geste.
Mimétisme. Cosmologie profonde où le miroir répond au miroir et de leur reflet réciproque naît la reconnaissance. J'existe voit-il, je suis homme voit-elle. Un éclair d'humanité dans l'évanescence de l'instant. Une éternité si le lien s'accomplit dans l'authenticité du sentiment.

lundi 11 janvier 2016

Biface


Dans mon coffret de santal il y a des lèvres pour hurler ou pour t'embrasser, 
des yeux affûtés comme des couteaux ou doux comme du velours quand ils se ferment sur toi, 
mon amour contre leur haine, 
ma vie contre leurs morts, 
mes paroles au vent contre leurs mots couverts de chaînes, 
du sang qui bout dans mes veines contre ce sang qui coule de leur main . 
Mes chants de poète contre leurs enterrements, 
mes bras tendus vers toi contre leurs poings brandis dans un mouvement de haine.

jeudi 29 octobre 2015

Face à face

photo letra calma
Un visage devant toi, une peur qui l'anime
et s'il n'y avait pas de double mine,
saurais tu dire ce que tu es.

Face contre face
ce reflet sombre dans ton regard blanc.
Blanc contre noir.
Qui est l'un et qui est l'autre.
L'autre ?
Cela ne peut pas être toi mais lui
parce qu'il est de nuit,
simplement étrange.

Et les sons qu'il émet,
langue contre langue,
sont perfides bien sûr
pour toi blanche colombe
que sa différence blesse.

Œil pour œil
vos regards croisent leur fer
mais forcément
la couleur d'une des deux mains
cache le crime qui la noircit.

vendredi 3 juillet 2015

Lifting


Nos rides visages de l'âge 
écrivent le relief de nos paysages.
Gommer la trace, des pleurs uniquement.
Polir les marques, assécher l'encre
et s'habiller d'un supplément d'âme.

 















Texte, © Joël Carayon

mardi 12 mai 2015

Voisinages

Le radeau de la Méduse, © Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet
Il faut avoir peur, peur de tout. Peur de sa propre peur. Et j'ai peur de ma peur.
 
Je suis peureux comme d'autres sont heureux mais je ne suis heureux qu'avec mes frères peureux.
J'ai peur, peur... peur...de, sans rien au bout qui désigne ma peur, rien derrière le de, peur de ? Eux. Peur d'eux, j'ai peur d'eux ! C'est mieux, beaucoup mieux.

J'ai peur d'eux !
D'eux d'où d'ailleurs?
J'ai peur d'eux qui sont d'ailleurs!

Mon ventre mes tripes, j'ai la peur au ventre, viscérale. J'ai mal aux tripes, mal à cause, à cause de ? A cause d'eux ! A cause d'eux d'ailleurs qui traversent nos flots sur le corps noyé de leurs aînés.

J'ai peur d'eux qui rôdent derrière mon ciel bleu, qui triment de l'autre côté de mon miroir bleu, côte à côte de chaque coté. Et là bas sur l'autre face leurs voiles noires, et dedans l'envers de nos vies.

Ils rôdent sur l'autre bord de ma mer bleue aux îles d'or ensoleillées. Ils cherchent un passage pour leur rêve, une faille dans ma vigilance, une once d'apitoiement, le véhicule d'une larme, l'usage d'une faiblesse.

Eux et nous, face à face, double face.

Texte, © Joël Carayon 


mercredi 6 mai 2015

Voisinades


Un deux trois n'allons plus au bois
quatre cinq six, loup y es tu, que fais tu ?
Cessez vos rires charmants enfants
Les loups ouh sont entrés dans nos vies.

Un deux trois ils sont passés par là,
quatre cinq six repassent par ici.
Ils courent ils courent
et remplissent nos rues.

Ils sont là teint mat et cheveux noirs
dans leur bouche un miel qui cache mal leur fiel.

Et puis leurs voiles et puis leurs voix 
dans la légende de nos siècles,
voix trouées de bombes,
dix onz' douz' et nos corps, brisés dans les tombes.

Un deux trois eux qui connivencent
quatre cinq six eux qui manigancent
sept huit neuf qui peste, et choléra
et bourrent et bour et ratatam.

Tremblez charmants enfants, ils viennent par la mer
pavée des corps noyés de leurs frères aînés.

Eux l'étrange miroir nous déformant si mal.

Texte, © Joël Carayon 

lundi 30 mars 2015

Ombre

Il est 4 heures et la ville est en sommeil profond. Une piste de danse vide pleure sa musique avec autour, dans l’ombre des lumières nocturnes, quelques fantômes prisonniers de l’alcool ou d’autres matières oniriques. Une ombre tangue encore entre piste et bar. Hésitante. Elle s’avance, chavire, se redresse puis tangue à nouveau. Entre fantômes et soûlards, elle s’avance et danse quelque part dans son esprit océan. Elle parle avec des absents que la musique appelle autour d’elle. Elle lutte matelot abandonné à la tempête de ses souvenirs. Puis la musique s’arrête. La lumière la confond. Ses yeux l’ont trahi et les têtes tout à l’heure fantomatiques la dévisagent. Vedette bien malgré elle, elle fuit, esquive les regards et se réfugie dans les espaces ombrés des boxes.

Elle a traversé le champ de ma conscience, interpellé mon regard, questionné ma pensée. Qui est- elle ? Quel âge a-t- elle ? Brune. Enroulée dans une veste de laine usée sur le comptoir des bars. Elle déglutit quelques phrases accompagnées de gestes lourds. Prend à témoin un siège où quelque épave vient de couler après la dernière tournée. Sa voix rouillée par le passage répété des alcools les plus forts fait surface dans les silences musicaux. D’où vient-elle? Enfant de nulle part. Quel est son chemin ? Quelle vie poursuit-elle? Ses cheveux un instant repoussés en arrière découvrent un visage d’une blancheur extrême et la lumière jaune malade de cet endroit sans nom révèle le texte de ses souffrances écrit à même la peau. 

Texte, © Joël Carayon




 

lundi 19 janvier 2015

Espoir


Des notes gouttes à gouttes, partition de ce matin, matin d'hiver. Pluie de gris et de chagrin.

Des notes gouttes à gouttes s'engrossent puis tombent de feuilles en feuilles.

Entre elles le silence, le silence du froid, du froid immobile. 
 
Des notes gouttes à gouttes s'égouttent.

La pluie grève l'espoir, l'espoir notes après notes perle de nos vies et la vie que le désir déserte s'affaiblit gouttes après gouttes.

Et la boucle s'enroule petite coquille vide, colimaçonne dans son gris ni de jour ni de nuit.

La vie étale s'affale sur son étal de nuages fades,

goutte à goutte pluie de gris et d'argent ruisselle en ce matin, matin d'hiver,
mélodie de cristal humide où nos yeux se vident de leur plainte,

Notes et gouttes unies dans la profondeur d'une symphonie où je me perds,
un très bref moment livré au respir d'une infinie profondeur d'où j'entends battre, lointain et sourd, le rythme de toute chose.

La lumière en jets épars gagne sur l'ombre et la grisaille, l'argent du deuil embelli de l'or d'un jour meilleur.

mardi 6 janvier 2015

Enigme

D'abord le regard s'enthousiasme des couleurs et des volumes -or et argent en fusion, puis suit le chemin d'un ciel à vif à l'aplomb de l'eau. Vient ensuite l'énigme posée par l'immensité de ce qu'embrassent les yeux, le mystère immobile des rouges flamboyants dans la froideur de l'étain. Obsédante question de l'être. Qui voit, s’émerveille ou se tait, pense celui qui contemple l'écho, l'éclair réfléchi du miroir de l'eau vers le ciel à son image. Le vertige d'un abîme où je pose un quelque part pour échapper à la folie.

Texte et photo : © Joël Carayon

vendredi 5 décembre 2014

La trêve des confiseurs

La trêve des confiseurs.
« Aux approches de Noël, par une sorte d'accord entre les parlementaires, on ne soulève pas de questions irritantes, qui, troublant l'esprit public, nuiraient aux affaires. Et même, afin de mieux vivre en paix, on se sépare, on se donne des vacances. Donc, point d'aigres propos et pendant cette accalmie, les marchands de sucreries, de gâteaux, de friandises, font, tout doucement, leur petit commerce. Les confiseurs jubilent, profitant de la suspension des hostilités à la Chambre, et cette tranquillité dont ils bénéficient s'est appelée la trêve des confiseurs » — T. Pavot, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, questions et réponses, communications diverses à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde, artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes, etc. Volume 38, 20 septembre 1898. (article Wikipedia.)

Je cherche au juste quoi ou plutôt je ne cherche plus quoi ? Les lumières de la fête, les cadeaux qui vont avec. Le parcours classique et son spectacle d'amertume. Surtout pas de vagues, c'est la trêve des confiseurs. Noël se passe et l'an nouveau dans la foulée. La ville et ses lumières, le monde dans ses rues, les costumes de fête qu'on ne remettra plus et les paroles qui fusent dans l'air. Noël et son reflet sur le miroir trempé des places.

Petite voix de l'intérieur :
-Voyons c'est la fête, réjouis toi, même la bande de SDF agglutinée avec ses chiens, entre dans l'avent d'une voix plus joyeuse.
Grosse voix : 
-La bouteille de vin ou de bière en avant, s'anéantir pour ne pas l'être.
Petite voix :
-Ne sois pas rabat-joie, mon vieux. Regarde autour de toi, les fées qui tanguent sous ce ciel bleuté de gris, les vagues de la mer dans la ville. La lumière des LED ? Pointillisme, impressionnisme. Le marché de Noël et ses petits chalets en sapin doré? La maison des lutins. L'odeur du vin chaud. Les gens qui rient.
Grosse voix :
-Comédie du bonheur, « Comedia de l'Arte ». Polichinelle barbu blanc avec une hotte devant et une autre derrière. On mime le bonheur comme dans nos séries chéries.
Ne soyons pas tristes, profitons des prix et des promo. Des rites et des jouets ! Une fois l'an voyons ceux que nous ne reverrons qu'à la prochaine « nouvelle année ».
Allez champagne, musique, guitare si vous voulez. Puisqu'il faut s'amuser.Aujourd'hui pas de retenue, par la magie de la fête je transforme mes râleries, mon air bougon, ma phrase laconique en bonhomme jovial au rire sonore, dispensateur d'un bonheur bien pensant.
Je pense trente ans, je pense anniversaire. Joyeux anniversaire. J'entends sa joie. Je sens son baiser de Noël, mon cadeau ! 
 
Je pense confiseur. 
Photo Anne Arnould















Texte, © Joël Carayon 

vendredi 28 novembre 2014

VIEUX

Gamberger dos tourné aux ruelles. Envier leur soleil. Errer sur des rives d'asphalte, quémander au seuil de leurs vitrines un peu de tendresse, admirer le bonheur des autres et baisser la tête.

Mes larmes, tu sais. L'aigreur qui remonte sur la langue, l'aigreur avant la colère, la colère avant l'impuissance. Serrer les lèvres, les lèvres et les poings, retenir son cri, se retenir : « et moi alors, et moi ! ». Un regard messieurs mesdames, un regard une main, un sourire, pourquoi pas un sourire pourquoi pas. Me sentir opaque une fois au moins. Mais y en a pas. Pas pour moi, pas . Pas dans ma gamelle,messieurs et mesdames.

Qu'est ce que ça coûterait, un gramme de chaleur pour me faire rêver que j'habite dans le même monde que toi, le monde avec toi mais pas contre. Qu'est ce que ça coûterait de parler d'homme à homme, simplement messieurs dames, comme « il fait beau, ça va, au revoir, bonjour », comme  « merci ».

Le matin s'éveiller et banalement sauter de son lit. Sauter, déjà sauter et puis marcher, déjà marcher, à la vitesse du pas des autres, ne pas être englouti par l'effort à faire.

Préparer son café, déjà lever son bras, sans en payer le châtiment. En sentir l'arôme, déjà en sentir l'arôme. Ça voudrait dire je l'ai fait, et il est là dans ma tasse, déjà la tasse à porter aux lèvres , ça voudrait dire sans la renverser, déjà commander à ma main, serrer les doigts, porter jusqu'aux lèvres, sans trop trembler, déjà ne pas trembler.

Allumer sa radio, entendre déjà entendre, suffisamment entendre les voix d'à coté, la vie des autres là, à cœur battant, déjà la vie de mes proches à cœur battant.

Exister, déjà exister sans mendier son écot d'humanité.
Être humblement un homme. 













Texte, © Joël Carayon 

samedi 22 novembre 2014

Jeu de fous


Je, te, tu, toi, je te tutoie et toi tu me tu, toi ? tu m'aimes moi-même ton je qui dis tu quand je te vois dans mon toi en face de moi, tu te mimes toi même en face de moi moi qui t'aimes toi de l'autre coté de moi ? Je me moi en vous qui me mimez en face de moi, je me noie en moi qui vous aime tous autant que vous êtes la face de moi en face de vous, vous et moi, toujours coté face, vous et moi quel émoi. Quel est ce moi dont tu ne vois que la face et dont je ne vois que ma face ? Tu te moi et moi je te tu, tu te tu toi ?

Étape suivante :

il se lui ? Il se lui lui le le d'un autre que moi qui se dit tu en face de lui ? Le même tu que moi il aime le même tu que moi ce lui qui se dit tu en face de lui le le ? Tu l'aimes lui le même tu que moi en face de toi et moi je t'aimerais le il en face de toi qui me dit je quand je me tourne vers toi ? Question d'empathie, donc pas en moi le il qui se dit tu en face de lui quand je me dis tu en face de moi...et toi alors qui es tu ?
Et merde !

http://bokeh.fr/expo-photo/effet-miroir/dp/79/ Aliece















Texte, © Joël Carayon

mercredi 19 novembre 2014

Utopie

La promesse d'une terre brune
qui sépare l'espoir du désespoir.
L'épaisseur de son trait qui borde l'infini.
De la matière dans le nuage,
de la consistance sur la vague,
de l'humain sur le silence...
Toute chose qui nous libère.








©  texte et photo propriété Joel Carayon

mardi 18 novembre 2014

Machines

Machines à calculer, programmer.  
Machines à surveiller-contrôler, dénoncer-punir. 
Machines à disséquer, réprouver, accepter, marchander, soutenir, soulever.
Machines à machines,
machines à aimer?...

La main de ma main, l'œil de mon œil, la pensée de ma pensée. 
Machines je vous aime et je vous déteste. 
Machines à... demain, mon voyage, ma santé, ma vie, mon enfant. 
 
Et dans les coulisses nos vieux rêves de puissance. 
Machines à... machines à folies, à cauchemars... 
à hommes augmentés ou homme-machines, 
esclaves, ou  maîtresses. 
 
Machine ma toile, 
mon nuage mon ombilic, 
la sécrétion de mes vertiges, 
le soutien d'un corps qui me pèse
mais qui m'apaise, avec son début et sa fin, 
dans ce monde plus grand que lui, 
plus grand que mes bras n'embrassent; 
mon corps qui aime plus fort que ses avatars ; 
et tue. Moins fort aussi...
 
Machine.
Ma chimère.
Ma mère ?
 
Machine.
Pour le pire.
Le meilleur aussi je l'espère. 









Texte, © Joël Carayon 

samedi 15 novembre 2014

Masques

Aux tempes, sur le cou, qui bat, un chant. Une parole...perdue, nos fortunes... dilapidées, nos vies... jetées. Nos airs de matador contre la tristesse d'une résignation, le déni d'une défaite inavouable. A l'heure des bilans, les regrets, nos mémoires éparses; le temps qui efface les traces.
Glorieux, confiant, voix sûre, je déclame l'épopée d'un ancien moi qui danse des rondes éphémères, avec des rires, des prouesses, des pirouettes, de la peur et de l'amour, par des phrases, des silences, des regards humides...je le chante, ou je me tais sur son passé...Je bâtis, un homme, une vie, une histoire, un conte. Partout l'illusion ma boussole.
Je bâtis, un corps, ses mouvements, ses rencontres, je vole par dessus des mondes. Mes faux semblants .
Mais dans cette peau qui n'est pas tout à fait moi, je ne serai heureux que par procuration.

Texte, © Joël Carayon

vendredi 7 novembre 2014

De vous à toi

Tu veux, veux de moi, vous que je voudrais toi ?
Je te vouvoie, toi ma voix, vous le timbre où je tressaille, voix où je défaille,
vous qui n'êtes pas encore tout à fait toi,
voix caressée à fleur de peau,
vous ma chair de poule,
votre voix où je frissonne.

Toi déjà toi dans mon regard
et moi qui suis toujours vous pour vous,
vous que je désire
et dont mes yeux trahissent le vœu,
j'avoue.

Et vous, jouez avec moi et son bégaiement,
entre le vous qui ment
et ce toi qui trébuche sur son vouvoiement,
toi que je veux avec empressement...

Toi qui es tu maintenant et depuis longtemps,
tu dans le prolongement de ce vous que le temps tutoie de son indifférence,
tu que je ravive pour repousser ce vous qui se rapproche de nous,
dangereusement compromet le souffle et le murmure,
le chuchotement de nos voix si proches à présent,
ce nous qui ne fait qu'un je qui nous perdrait
si nous n'y prenions garde.
©  texte propriété Joel Carayon

jeudi 30 octobre 2014

Mon toi, ton moi

Toi mon visage et moi ton âge, toi mes rides et moi ton souffle,
toi mes pensées sombres ou gaies, moi tes souvenirs,
toi mon image moi ton cri,
toi mon rire et moi ton corps qui se courbe, toi mes cheveux d'argent,
moi ta tendresse, toi ma caresse,
toi du coin de l’œil et moi à la dérobée,
toi moi nus, mis à nus,
toi ma fragilité, moi ton passager,
moi qui t'aime et toi ? Toi qui m'aimes et moi ?
Mes yeux dans ton regard, mon illusion inquiète,
toi moi et toi et moi...ne diront jamais nous .

©  texte propriété Joel Carayon

lundi 29 septembre 2014

Jus de carotte (juste un verre)

Je suis un peu lapin à ma façon et j'aime les carottes. Sur mon petit écran à moi, il y a la carotte qu'il me faut.
Ma carotte d'or et d'argent, pleine de pognon, de tune ou de biffeton.
Ma carotte toute en rose qui se hanche se déhanche en tortillant son petit cul appétissant.
Ma carotte d'amour, son cœur grand comme ça, plus petit si je veux.

Ma carotte sur mesure.
Ma carotte d'abondance ! 

Attention ici on touche avec les yeux, on aime en rêve.
Mais c'est si mignon!

Ma carotte me suit partout, dans ma poche sur mon phone, ma tablette mon PC, sur mes yeux, devant, tout devant.

Elle devant et tous derrière !

Et le jour du printemps...

©  texte propriété Joel Carayon

mardi 23 septembre 2014

La mer et ses miroirs (extrait)

Calme elle respire, caresse nos pensées, soulève sur sa vague bleue des visages et des paysages. Et la ribambelle des souvenirs entre deux eaux nage offrant au soleil ses reflets d'argent. Bientôt les voix se mêlent à son clapotis, bientôt sa respiration liquide discrètement, imperceptiblement accueillera le souffle régulier des vies, là-bas. A sa surface onctueuse, au soir qui apaise, l'orange pénétrant d'un soleil à son couchant dévoile la profondeur et le mystère de sa nudité juste un instant avant de s'immerger. Elle, faite de brume et de songe trouble l'histoire de nos doubles multiples où je me plais à nager entre les mondes.

©  texte propriété Joel Carayon

vendredi 19 septembre 2014

Toutes les larmes de tous les départs

Juste un mouchoir
blanc par dessus les cieux
la trace d'une vie d'un amour d'un ami,
une main ouverte posée sur la tienne.

Juste un mouchoir tendu sur la mer
gonflé des larmes du départ
que le vent du large emporte.

Toutes les larmes de tous les départs
dans une larme posée sur nos yeux.

©  texte propriété Joel Carayon