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lundi 8 février 2016

Poésie

Poésie

Une voix dans un téléphone ? Non un souffle profond, quelque chose comme une présence, la mémoire d'un outre temps, une pensée qui s'infiltre, un mouvement ample au creux de l'oreille, une respiration des ombres avec des mots à modeler, simplement la brise d'une vie à renouveler.

Une voix dans un téléphone ? Non un pont entre des mondes, un passage par où se rejoignent le père et son fils, l'espoir d'une réconciliation nouvelle, la foi presque religieuse née d'une compréhension mutuelle.

Un vœu ou une promesse ? Non sûrement une utopie...


jeudi 17 décembre 2015

Monde nouveau

Je sais une chose, j'écris pour le vent mais pas pour les gens. A chacun ses lecteurs les miens tournent autour de la rose, soufflent sur mes pages, ne lisent que la surface des mots qu'ils couchent dans leur haleine les jours de grande lecture.

Je brame à tous les printemps dans les clairières pas dans mes livres – je n'en ai pas publié ou juste quelques bouts de moi qui coulent de mes lèvres et se répandent sur la page, essaime sur ses nervures et dessinent des arabesques qui n'intéressent personne, je remplis des bouteilles de messages sans adresses et je les lance dans un océan où les vagues obéissent à des respirations mécaniques. Mes blogs y sont des plages sans sable et sur ma Face de book poussent des « j'aime » troqués contre mes « j'aime » sur d'autres plages tout aussi blogue que les miennes.

Un monde nouveau est né qui double ce monde de chair et de terre, rempli d'images et de mouvements. Je n'y ai pas ma place. Mes mots y sont des étrangers, ma voix ne retient plus que l'ombre du ridicule et l'on rit, au mieux on se tait, toujours on se demande quel est cet hurluberlu hurlant dans le silence de son encre des desseins qui n'intéressent personne .

Il y circule un sens, sens écrit sans lecteurs, alors il vaudrait mieux que je ferme ma gueule et que je me contente de marcher sur mes fils de terre entre ciel et mer au pays où tout se mêle, se mélange, les hommes et les anges, les poissons et les animaux, là où l'eau imprègne le sang des hommes, là où il pousse des écailles sur la peau, là où l'on vit immergé entre deux marées : marécages et mare nostrum, là où la terre s’effile et file en neurones filandreux conquérir cette salinité que le soleil révèle dans un blanc ou rien ne pousse que la mort. Silence radio sous soleil radieux et blanc insoutenable.

Pourtant j'ai des choses à vous dire des mots à articuler les uns aux les autres tous à brailler en chants cacophoniques, polyphoniques, à ordonner, discipliner parce qu'il a de l'allure mon orchestre parce que ce qu'il gueule vient du fond des tripes, vit dans la boue de repas indigestes, espoirs déçus, dégoût politique, rupture climatique, tristesse face au carnage de mes amis à plumes dont le vol m'émerveille, poissons qui ne brilleront plus que dans l'océan de ma mémoire, toi mon animal de poil et d'amour parti au pays des meutes, des aboiements nocturnes quand la lune ronde bouffe tout son ciel, toutes ces vies perdues, ces forêts qui ne me parlent plus, mes fils coupés et ma vie d'homme dont les prolongements m'inquiète parce que demain...

Demain cette enfant que j'ai faite et son enfant que je berce plongent leurs yeux dans les miens y posent leur confiance et moi je ne peux que baisser mon regard et murmurer dieu auquel je ne crois pas fais que le pire ne soit pas leur quotidien.

samedi 4 juillet 2015

hétéro-poème

les putains du capitalisme (photo Dennis Dutchmetal)
Je ne prendrai pas mes mots d'une main gantée, j'irai les chercher là où les autres les ont jetés. S'il le faut je ramasserai les putains qui traînent en langue glauque et les sans droit d'être cités. Je les rassemblerai et leur donnerai des phrases où se mettre, rêver, exister, dans un jus, un hétéro-poème où se côtoient le cul pincé et le rustre parce que le monde est comme ça, habillé d'or et d'oripeaux. 

Texte, © Joël Carayon 

mardi 16 décembre 2014

mélodie

photosurrealiste Le Violon d'Ingres, 1924, Man Ray


Tu me dis plaintif ce que le piano chante
des mots sourds qui ne se prononcent pas
une mélodie qui ne parle pas mais qui se joue

se joue de moi qui ne comprends pas.

Tu me dis plaintif ce que le piano chante
un peu de fard qui coule sur ta joue.
Ce que pleure un piano s'effleure touche à touche
ce que dit un violon se frotte sur ses cordes,

des soupirs qui ne sont pas de toi
D'un corps qui te réchauffera,
vivant violon vibrant sur ton épaule à se rompre
sa mélodie de bois et de boyau.


dimanche 14 décembre 2014

Cigale et fourmi

Elle me parlait sous je lui répondais en vers.
Elle me parlait pierres, Pinel, Duflot,
je lui répondais Jacques, Boris ou Queneau.
Elle me parlait fourmi je lui parlais cigale.

Elle avait peur que je m'envole et me serrait fort contre ses pierres
mais la poésie donne des ailes
et nous planions entre deux airs sur notre montgolfière.
et nous jetions les pierres et les vers par dessus la nacelle
parce que la vue d'en haut était bien plus belle, le soleil bien plus rond.

Et puis on éteignit la lumière
et le reste n'est pas dit dans la chanson.















Texte, © Joël Carayon
Photo je sais plus allez voir sur Flickr mot clé montgolfière

vendredi 12 décembre 2014

po-être

Le soleil dénonce l'âpreté des choses, l'ombre en adoucit les contours. Je veux être à l'aube ou au crépuscule un pied au soleil et l'autre sous la lune, rôder à la frontière, marcher à la lisière, à la jointure des mondes, sur le fil du jour et de sa nuit. Raisonnablement fou.

http://www.oxygene-montagne.ch/images/grandes/oxygene_montagne161_01.jpg













Texte, © Joël Carayon

jeudi 11 décembre 2014

Ombre et lumière

Le soleil et ses ombres légères
tracent un paysage tranquille
qui lentement se déplace
poussé par l'heure
et le mouvement de la terre.

Je bois à sa lumière et sa chaleur
au bourdonnement familier
où se tisse la soie d'une chrysalide.
Un papillon naîtra.
Il vivra ballotté au vent de 
 l'été.















Texte, © Joël Carayon





mercredi 3 décembre 2014

Suspension


Et alors , ça vient ?

Bin, dis donc, tu parles d'un poète
Eh oh Du poète, elle est où ta… poésie ?
En suspension.
C'est ça la Poésie Moderne, trois petits points et puis s'en va ?
Eh le pouet pouet ! T'as perdu la voix ?
Elle est en suspension.
Allez, fais nous rêver.
Tu sais pas ? Et pleurer, tu sais faire ?
Allez, je sais pas moi… parle moi d'amour… dis moi des choses tendres… dis moi que tu souffres loin de ses yeux
Parle moi du temps qui part et ne revient pas…
De l'errance alors, de ton malheur de poète. Fais moi des pouèt pouèteries.
Tu sais même pas faire, je parie. Ou alors t'es muet, tu sais pas de quoi parler, tu sais pas écrire peut-être. C'est ça, tu fais des points parce que tu sais pas écrire ! T'es pas poète, tu fais le poète.
Elle est en suspension
Quoi, la poésie en suspension, le poète en lévitation au dessus du monde, la poésie, la Grande Poésie au-dessus du monde ?
Et pourquoi tu l'écris pas, pourquoi tu le dis pas, pourquoi ?
Je suis en grève.
… 

dimanche 30 novembre 2014

Ne machez pas vos mots


Imaginez, bricolez, fabriquez. Brevetez vos dérives, susurrez, chantez, bercez nous de la lie de la langue, des exclus du dico, des parias du Bon Goût

Parlez gros, parlez gras, bouffez du mot qui tache, glisse sur la langue et puis s'échappe.

L'époque est au light

aux précautions d'emplois,
au lavé, délavé, essoré, essuyé, emballé, désodorisé, reparfumé, recoloré.

L'époque est à manier avec des gants.


Ôtez vos gants,  jetez vos pincettes,  prenez à pleine main.

Jetez la guimauve, le sirupeux, les pas trop, juste un peu, les trop tôt ou trop tard pour moi.

laissez vous glisser, laissez vous aller,
           
            à la dérive,
            au vagabondage, 

laissez vous surprendre.


Inventez la vie qui vous va,
prenez à bras le corps,
embrassez sans peur et sans reproche.

          Dépliez vous

          allez ailleurs.















Texte, © Joël Carayon

jeudi 20 novembre 2014

Défauts de langue


« Cassi », le port de « Cassi »...

La voix off convenablement prononce et sa musique lisse le mouvement de l'eau pour la rendre à toute autre pareille. Dans la voix, elle frappe le rocher anonymement. Mais ici le rocher rejoint l'écume dans un éblouissement de blanc, blanc jusqu'à l'aveuglement. Ici ne t'y trompe pas la musique naît naturellement de ce mélange blanc-bleu qui remonte jusqu'à la langue et ouvre ses yeux, ses oreilles, sa bouche.

Alors quand tu dis « Cassi », voix off télévisée, tu amputes le chant de sa mélodie et quand tu dis « chant » « comme il faut le dire », avec l'entre deux de celle qui ne sait pas s'il faut se mettre à l'ombre ou dans le blanc, ni intime, ni publique tu lisses, glisses arrondit, industrialise, standardise les mots. Tu uses la langue ou tu la "pagnolises", comme ridiculise, comme pas sérieux, comme théâtre, opéra.

Mais dans cet accent, il y a du blanc, du bleu, et le rouge. Ici on danse, on rit rouge sang aussi, un sang qui n'est pas « song » du tout. Alors respecte ce vent que déforme ta langue et dit « le vent » pour qu'il explose dans ta bouche et dit « CassiS » pour qu'il siffle entre tes dents, dans ces villes dont le nom t'ensoleille ou t'ensommeille pour de bon.

Alors dis l'ombre ou le blanc mais ne parle pas de « blond » pour le « blanc » parce que le sang qu'on peut y verser n'est pas le son d'une opérette ou d'un « Marius et César ». 
 

vendredi 14 novembre 2014

Profil bas

Low profile comme on dit en anglais, foodiste comme on dit en anglais. L'anglais, la langue anglaise, la langue à l'aise dans le monde entier. Et ma française se rétrécit, grogne assiégée, enfumée délogée.

Smile comme on dit en anglais, smile ma langue smile de tout son cœur. Moi qui ne sait penser qu'en elle, ma langue, où je baigne depuis mon liquide amniotique jusqu'à mon verre de vin -rouge évidemment, serai-je... amputé, de tes façons de me dire ?

Profil bas comme on dit en anglais, comme on dit, comme, come on, come on petite française que je te tamise, que je te chekspirise, que je te trade, que je te traîne en ma city, que je te carnabystruite à la cornouaille, à l'écossaise, à l'irlandaise, que je te file à l'anglaise, la langue à l'aise.
Come on mon cher diminué dans ta langue contrainte circonscrite au petit hexagone exigu.
Je te phone, je te shoote, je te smile encore, je me selfixe dans tous les corners.
Iha Iha ! Hurray, hourra! Bébé, je te love dans tous tes coins de peau.

Comme on dit en anglais ? Comme on dit en français ?
Comme on dit
come on, come on.

Texte, © Joël Carayon

vendredi 7 novembre 2014

De vous à toi

Tu veux, veux de moi, vous que je voudrais toi ?
Je te vouvoie, toi ma voix, vous le timbre où je tressaille, voix où je défaille,
vous qui n'êtes pas encore tout à fait toi,
voix caressée à fleur de peau,
vous ma chair de poule,
votre voix où je frissonne.

Toi déjà toi dans mon regard
et moi qui suis toujours vous pour vous,
vous que je désire
et dont mes yeux trahissent le vœu,
j'avoue.

Et vous, jouez avec moi et son bégaiement,
entre le vous qui ment
et ce toi qui trébuche sur son vouvoiement,
toi que je veux avec empressement...

Toi qui es tu maintenant et depuis longtemps,
tu dans le prolongement de ce vous que le temps tutoie de son indifférence,
tu que je ravive pour repousser ce vous qui se rapproche de nous,
dangereusement compromet le souffle et le murmure,
le chuchotement de nos voix si proches à présent,
ce nous qui ne fait qu'un je qui nous perdrait
si nous n'y prenions garde.
©  texte propriété Joel Carayon

mardi 4 novembre 2014

Souvenir

Un feu qu’on allume nourri des bois de la terre
Avec ses flammes sans cesse renouvelées.
Sereine quiétude dans le noir nocturne.
Instant arraché de l’ordinaire
Fixé dans nos écritures.

L’éternité dans son rappel nostalgique.


lundi 15 septembre 2014

Labour ©

La peau remplie d'un vent qui la ride s'enfle d'écritures minuscules et mes rêves s'y perdent comme mes pas.
C'est la faute du laboureur !
Il y plante le soc de sa charrue. Méticuleusement il en fouille et retourne les moindres recoins.
Cette peau qui me protège se fatigue à renaître sans cesse griffée, ouverte, offerte à toute intempérie, se désole s'excuse de m'exposer à l'infatigable comptable des heures.
Je voudrais bien l'aider (il en va de ma vie) chasser d'un revers de la main la minute qui bourdonne à mon oreille, me pique et boit ma mémoire.

jeudi 7 août 2014

brisures

Une image ça se casse
et les lambeaux de soi
se tordent prisonniers
de leur bouts de verre.

Une image ça se casse
et le roman de nos chutes
dans le temps s'enrichit
de nouvelles textures.

Une image ça se casse
mais ça ne se répare pas ?
Rassemblés les bris de soi
sont bouts collés dont on voit la cicatrice.

L'artiste aussi bon chirurgien qu'il soit
n'en gommera pas toutes les aspérités
et sous la peau tirée, lissée
courent les écrits du passé.

Tu devras apprendre
à te faire une beauté
de ces encres qui dessinent
des textes douloureux. 

©  texte propriété Joel Carayon
 

Brisures

Une image ça se casse
et les lambeaux de soi
se tordent prisonniers
de leur bouts de verre.

Une image ça se casse
et le roman de nos chutes
dans le temps s'enrichit
de nouvelles textures.

Une image ça se casse
mais ça ne se répare pas ?
Rassemblés les bris de soi
sont bouts collés dont on voit la cicatrice.

L'artiste aussi bon chirurgien qu'il soit
n'en gommera pas toutes les marques
et sous la peau tirée, lissée
courent les écrits du passé.

Tu devras apprendre
à te faire une beauté
de ces encres qui dessinent
des textes douloureux. 

©  texte propriété Joel Carayon
 

mercredi 23 juillet 2014

Maudit poète!

http://lesmotsquidansent.centerblog.net


Mon souffle trop court, j'halète, lète, lète. J'arrête mes dits- poèmes que peu aiment. Pourtant j'aurais pu y croire à perdre haleine mais je l'ai perdue, sans y avoir cru . Aujourd'hui je me raisonne et claironne : 

lundi 17 mars 2014

Poiëtre

Regarde le funambule
glisser sur le fil de l'aube
entre l'erratique peuple sombre
et la rassurante clarté.
Méticuleusement il avance son pied
sur ce lien qui relie la lune à son soleil.

Que recherche-t-il sur la passe des mondes?
Dans sa chair un frisson qui harcèle
sur sa rétine une image qui obsède.
Une geste qu'il ne voudrait jamais achevée,.
Sentir son cœur qui bat dans l'ombre de sa mort.

©  texte propriété Joel Carayon

vendredi 28 février 2014

Etranger


Blanc, froid, bleu.

Soleil droit dans les yeux.

Froid.

Vent sur blanc qui gomme

La sente de l'homme.

Il marche replié.



Blanc, bleu de froid.





En lui le souffle cadence le pas

Et le pas sa peine.



Soleil bleu sur fond de neige,

Où il se perd dans l'écume

Que les bourrasques soulèvent,

Dans la lumière cruelle

De ce feu de glace.



L'étranger qu'Elle tolère

Le temps d'une trace.

©  texte et photo propriété Joel Carayon

lundi 24 février 2014

Icare

/A.different.type.of.Art
Fermer les yeux et recevoir par ses pores
Le murmure aux airs de cristal.
Ouvrir ses ailes bâties dans la ferveur d’une chimère.
Enfin, se libérer de l’argile obstinée.
Aller haut.
Là où la voix des hommes se brise
Et se laisser porter sur les souffles d’altitude.
Voler.
Voler au-dessus des mondes,
Soutenu par la magie de son chant.
Braver sa condition d’homme.

Etre oiseau un instant.
Un instant seulement.

©  texte propriété Joel Carayon