Je mets un livre audio en ligne pour quelques temps.
Chaque texte poétique fait référence à un événement de société actuel
avec des résonances dans le temps comme
un pavé dans la mare.
Cliquez sur le lien ci dessous et choisissez le fichier "Un jour comme les autres".
PS :dites moi ce que vous en pensez. Merci
Un jour comme les autres
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mercredi 20 avril 2016
lundi 8 juin 2015
Tabou
Tabou
![]() |
| photo patrick giordano |
...ta boule ta boule de nerfs
tanguera entre le jour et la nuit tant que tant que le temps, temps
livresque,
tant que ta fresque, ta presque ivresse ne se sera brisée sur la
lame du tabou, tant qu'elle ne priera éprise d'un regret, un regret
d'absolu, regret d'absolution. Ta solution n'est pas dans le regret,
l'absolution n'est pas dans le secret, la mise au secret de ta faute.
Avoue. Ta boule de
pêchers – noyau dense danse sur le tabou, dans ce tas de boue où
ta boule de nerfs, pelote de secrets recrée à la craie l'âcre
poison que le sacré souillé
injectera dans ta
joue qui bout sous le feu de l'acte.
Et sa chair sous tes doigts, sa
chair pas cher payée pour l'outrage endurée, l'outrage sans âge,
l'outre passé par où l'homme sans foi ni voix se crèvera les yeux
face à sa
vérité. Le mâle
mal, le mâle en proie à son désir s'aveugle s'acharne sa chair
contre sa chair, trop chère trop trop chère mère trop cher le prix
à payer pour ta chair tabou. Le prix du mal. Le mâle ne sait pas,
le mâle ne veut pas, ni connaître ni reconnaître l'offense.
Trop chère mère : n'être
que chair de femme pour le mâle désir d'un fils, mâle défi du
dieu, dieu le père, paire fils et père, fils et mère impères et
manque, manque de loi et le sang du père sur ta main sur ta peau,
et la boue, la boue sur tes mains, boue tabou qui dénonce ton crime
de chair. Et la chair insiste, un geste inceste. Le mal est fils,
mâle erre, les
yeux brûlés au feu de mille et un regrets.
Texte, © Joël Carayon
Texte, © Joël Carayon
lundi 15 décembre 2014
Une simple pression suffit.
Je
suis faite d'un ventre pour recevoir et donner la vie. Entre mes
hanches et ma taille la matrice des hommes aujourd'hui et demain
encore. Je suis fière. En moi la trace de l'univers et sa vibration
plus forte que les battements de mon cœur, une connexion avec un
tout que je ne connais pas mais j'en suis sûre la plénitude
accompagne ma gestation. Je sens le murmure de la vie qui grandit.
Dans
ma main aujourd'hui et contre mon épaule à fleur de joue – noire
ou kaki pour l'homme, rose pour moi, l'arme de combat. J'ai peur je
tremble, mon index se glisse sur la détente se fige je ne peux pas.
Mais j'ai envie. Pourquoi. J'ai la vie dans mon ventre en puissance
et la puissance de la mort contre mon épaule contre ma
joue, contre mon ventre contre la vie la vie contre la mort doucement
câline, mais j'ai envie et la vie me tire vers la mort mais je ne
tire pas, mon ventre se crispe mon doigt se fige, je ne peux pas.
Ma
joue à fleur de la crosse ma joue contre la joue de mon bébé. Je
lui donnerai mon sein je lui donnerai la vie je le nourrirai je le
chérirai il grandira contre ma chair, je donnerai. J'ai peur je
tremble mon doigt sur la détente mon doigt sur sa lèvre mon regard débordant d'amour mes yeux dans ses yeux,
le silence des mots mon œil dans le viseur la balle dans le canon le
doigt sur la détente la mort au bout. Pour l'instant je vise, pour
l'instant je tire pour le fun pour l'ivresse du jeu pour la
palpitation du cœur, la mort rôde et je m'habitue au bruit sec que
j'imagine sans l'avoir encore jamais ressenti .
Mon
index sur la détente, la crosse logée au creux de l'épaule. La détente. Une simple
pression. Oublier une fraction de fraction de seconde, débrancher, faire taire la mère ; une simple pression, il n'y aura
pas de résistance, la gâchette est douce obéissante , elle frémit
sous mon index, se love dans son creux, se blottit comme un enfant
qui cherche la chaleur de la main de sa mère, il n'y aura pas de
résistance, pas d'aspérité où l'esprit puisse s'écorcher, le doigt
glisse sur le métal, le coup, le
claquement sec, la cible de carton, l'odeur de poudre, la chaleur
acide du métal Newtown. Vingt enfants de CP gisant.
Je
donne la vie, je donne mon sang je donne mon ventre, je donne ma
chair, je donne mon amour je donne mon temps je donne mon sein je
donne ma chaleur je donne mon cœur, je donne la mort le bruit sec la
douceur de la détente, la délicatesse du recul vertige de la
puissance, je donne la mort je donne la vie je donne.
Mon
premier tir, mon premier amour mon premier baiser, mon premier bébé,
ma première fois, toute première fois, mon premier tir ; je
pourrai donner la mort aussi.
![]() |
| La loi des armes. ARTE |
Texte, © Joël Carayon
jeudi 23 octobre 2014
Femmes
Nus,
les bras nus et les épaules aussi et votre corps.
On
ne les veut que nus, nus pour nous.
Femmes
vous voilà nues, nuées de seins, de jambes, de sexe, nus.
Vous
portez si bien le nu.
Nues
et belles aussi,
pour
nous offertes à nos regards qui déshabillent vos nus,
qui
parcourent courent à l'essentiel de votre chair exposée admirée
désirée,
couchée
sur des divans de rêves, haletantes dans nos nocturnes divagations,
ouvertes,
soumises, ou succombantes à nos charmes hypnotiques.
Sur
nos pupilles plus nues que nues et si guerre il y a, vous devez la
perdre.
Femmes
découvertes pour nous et nues pour nos démons.
Femme
nue -pécher dans l'oeil du mâle- comme une poussière irrite.
Femmes
recouvertes de la tête au pied par notre désir d'homme,
femmes
nous Vous chassons, nous Vous repoussons.
Femmes
sous votre voile anonymement nues, dangereusement nues, cachez,
cachez jusqu'à votre nom, cachez jusqu'à l'ombre de nos fantasmes.
Mais.
Femmes
Mères, grosses de nos inquiétudes, gardez sur votre Sein Maternel
la trace de notre passage, de notre Humanité, nous accrochés à
votre peau, à votre Maternelle Nudité.
Femme
ta fonction crée l'organe.
Mère
nue n'est pas nue.
Femme
mère, sans organe sans orgasme ;
amante
-vierge d'enfants- darde notre sexe d'un appétit coupable.
![]() |
| Odalisque, photo |
© texte propriété Joel Carayon
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