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lundi 24 avril 2017

On a piraté le bleu



http://lapiotefee.vefblog.net/17.html
On a piraté le bleu. Une rose, une langue bleues. Une rose est rouge ou malade, malade de la maladie bleue. Elle se porte mal, trop mal dans la couleur du ciel. Et puis la langue est rouge comme le sang parce qu’elle vit. Bleuie elle s’altère, défraîchit, appelle le soin.

Qui a détourné le sang, qui se moque du rouge. Qui est ce virus qui infiltre la fleur et la langue. Qui a mis la main sur la couleur, se promène dans nos media en bleu marine quand le mistral assombrit la méditerranée quand se mélangent le rouge et l’azur dans une eau qui n’a jamais demandé cela. Qui sillonne ce pays en escorte bleue de Prusse.

Je voudrais qu’on réserve le bleu pour le ciel ou la mer, ce serait très bien pour nos artères, ce serait très bien parce qu’on sait où ça nous mène le sang bleu avec des frissons dans le dos et pas seulement, avec un drôle de goût sur la langue qui n’a rien d’un pigment, avec d’étranges chansons et des bruits de bottes dans la roseraie.

vendredi 22 avril 2016

Ecologie libertaire

Murray Bookchin est un « écologiste libertaire ». Son idée de « municipalisme libertaire » est très intéressante. Il affirme notamment que nous sommes tous compétents pour « gérer les affaires de la société ».

Pas la peine de faire de longs discours ici. Allez voir sur wikipedia...





... et la video suivante aussi :



 

mercredi 20 avril 2016

Un jour comme les autres

Je mets un livre audio en ligne pour quelques temps.
Chaque texte poétique fait référence à un événement de société actuel

avec des résonances dans le temps comme
un pavé dans la mare.

Cliquez sur le lien ci dessous et choisissez le fichier "Un jour comme les autres".

PS :dites moi ce que vous en pensez. Merci

Un jour comme les autres

vendredi 25 mars 2016

Ce jour là

J'te le dis ou plutôt j'te le gueule, j'te l'envoie bien gras.

Ce jeudi est le choix d'la brasse coulée quand dans ma matière inondable j'ai vu passer l'moineau. Il a sa plum' gorgée d'eau il a son chant des jours d'printemps. Bell'figure l'oiseau dans ton plumage tiré à quat' duvets, belle allure le moineau dans tes trilles d'apparât.

Et puis paf t'as poussé ton râle avec l'accent des faubourgs. Dans ton sang de piaf i coulait un chant d'nobless un sang rouge et noir à la couleur des trottoirs, mon oiseau.

Quand j't'ai aperçu l'aut'jour qu'i pleuvait avec dans ton bec l'amer des mauvais' fêtes j'ai tout d'suite pigé qu't'avais chaviré dans quelques houles à plumes blanches. Ell' a dû t'fair' tourner dans son vent com'un moussaillon déboussolé et tu t'pointes ici dans le faubourg où qu't'es né y a bien longtemps et tu penses qu'tu pourras recharger tes accus à l'abri des souvenances, mon bel ange. Et tu chiales dans tes plumes mais c'est, tu dis qu'un rhume des foins. Où qu't'en vois par ici de l'herbe à vache y a qu'à la porte du choucas qu't'en trouveras et elle est pas pour les vaches celle là. Ell' te fera gamberger sans billet flotter dans ton malheur sans douleur, tu nous r'viendras la fleur au bec aussi sec, foi de roitelet et j'm'y connais en aventure d'amoureuses.

Ta majesté le p'tit roi c'que t'es laid, t'as la plume en lys et le coeur en couronne d'or mais je viens pas pour l'désamour, j'viens pour un bien plus grand malheur, j'viens pour une douleur d'hom' qui rend fou les oiseaux dans Panam ou Brussel ce temps dernier et d'aut'contrées encor dont j'connais pas l'blaze. De drôl de nazes avec la croyanc' dans les ailes et l'goût du sang dans l'bec. Pointu l'bec comme un fer d'lance. J'sens encor sa douleur dans la chair des siècles, j'me souviens. Ce jour l'humain sentait la poudre et la mort, sans remord il s'est planté dans les bras d'un grand guignol à quat sous genr dabouh mais pas d'là bas s'tu was c'que ça planque dans son sous sol. Genr' Grand Guignol Roi des z'homs. Ces planeurs ont filé à tir' d'aigles, dans la cage à oiseau ont tenaillé la peau, dégommé la chair, éventré les murs.

Des sèm'la mort qui mérit pas l'nom d'la race.

J'ai vu dans leur plume un rouge tâcher leur costume de manches.

Faux qu'du faux dans leur chant vers qui qu'ce soit qui tient les becs là haut.

vendredi 8 janvier 2016

Lettre de réclamation (2)

Monsieur,

j'ai bien reçu votre plainte en date du 1er janvier de cette nouvelle année. J'ai été très surpris voire même choqué par votre ton. Je vous rappelle que nous vous avions livré un produit en parfait état de fonctionnement avec un mode d'emploi précisant en caractères gras les conditions d'utilisation et notamment le danger que représentaient des émissions de carbone abusives. Vous n'en avez pas tenu compte. Mes collaborateurs vous ont avertis des risques encourus à maintes reprises, sans succès. Votre terre ne tourne plus rond ? Vous en êtes les seuls responsables. Il vous appartient donc de réparer les dégâts subis sans dédommagements de notre part.

Vous m'accusez également d'avoir mandaté quelques fous de Moi-Même, quelques miliciens à ma solde pour semer la zizanie au sein de votre communauté, vous allez jusqu'à affirmer que leurs exactions serviraient à couvrir nos erreurs dans la fabrication de votre jouet en fermant les yeux sur des actes sanguinaires en mon Nom. Il n'en ait rien et votre mauvaise foi comme la leur me désole. Il serait temps que vous preniez votre destin en main et que vous arrêtiez de dénoncer un soi-disant complot dont je serai l'instigateur.

Nous faisons notre travail au mieux et aussi scrupuleusement qu'il nous est possible. Vos accusations sont infondées et nous espérons mon équipe et moi même que vous vous rendrez à la raison très rapidement. Nous pourrons alors reprendre notre collaboration.

Avec nos salutations distinguées.

Dieu L'Hypothétique.


jeudi 7 janvier 2016

Réclamation

Monsieur,

Nous sommes le 1er janvier d'une nouvelle année et j'attends toujours. A mon réveil j'ai regardé par la fenêtre. J'avais enfin réussi à décoller mes paupières passablement engluées par une nuit de beuverie et m'étais débarrassé de ma gueule de bois d'ébène – pourquoi d'ébène  me direz vous? Pour vous faire mesurer l'intensité de notre désarroi en ce matin tout nouveau. J'ai scruté mon ciel mouillé d'une fine pluie froide et sinistre parce qu 'elle me rentre dans les os insidieusement la perverse et me plonge dans son monde de pleureuse.

J'attends toujours monsieur ce que tout le monde souhaite, ce qui fera de cette année maussade, une bijou de gaieté et de joie : de l'humain, monsieur. Oui, humain de humus, la terre où l'on a soufflé une âme paraît-il et il paraît même que nous serions des petits privilégiés parce que les seuls à en avoir une. Imaginez donc ma joie quand j'ai reçu vers minuit mon lot de bonne et heureuse année. J'y croyais dur comme fer. Pourquoi cette année plutôt qu'une autre ? Parce que pardi, un point c'est tout. Parce que je dois avoir la mémoire courte. J'ai dû penser pareil tous les 1er janvier. La première fois remonte quand ado je vous parlais déjà de mes doutes - ça me revient un peu quand même mais vous ne vous rappelez pas bien sûr de ce garçon boutonneux désemparé par une voix pas encore totalement muée et doutant de tout, même de la réalité de son ombre. Il vous demandait un peu de considération et de compassion pour adoucir son acné rougeoyante, un peu de compréhension face à ce monde qui lui semblait déjà brinquebalant.
Aujourd'hui encore je réitère mes réclamations. Chez vous le SAV n'est pas terrible. Sûr de la légitimité de ma requête, je m'attendais à un changement radical et cela immédiatement, sans délai et plus vite que ça encore et pourtant je me méfie des promesses qui n'engagent que ceux qui etc, etc... Vous avez saisi, je pense, l'objet de la présente – comme on dit dans tous les manuels de savoir écrire. Je me plains par anticipation, par expérience aussi . J'ai attendu, attendu et rien ne changeait vraiment sinon la naissance de quelques rides rajoutées aux précédentes.

Bref je revendique du bon, du nouveau , du généreux, de l'amour, de la beauté, de la grâce, du beau temps, des hommes responsables, une terre heureuse, un monde qui marche comme il faut sur ses deux jambes, tourne rond si vous préférez et cette fois ci pas d'entourloupes je vous prie. Rappelez vous, je vous avais fait les mêmes remarques l'année dernière mais vous ne m'avez pas écouté. On voit le résultat. Pas la peine de vous faire un dessin ni de lister toutes les embardées de la machine.

Vous nous livrez une terre en bon état de marche, dites vous avec de belles saisons, un petit climat auquel on s'est habitué depuis des siècles et soudain vous changez ça, vous vous dites tiens si je leur envoyais un petit réchauffement climatique juste pour voir, pour les dix mille ans à venir comme ça sans nous avertir ou si peu. Je vous soupçonne même de vous marrer en douce. Et quand on vous rétorque : vous avez vu le résultat, les ours blancs, la banquise les inuits, vous répondez : contactez notre SAV. J'ai contacté votre SAV et je ne suis pas content du tout de sa réponse : « nous avons analysé le dysfonctionnement que vous nous avez signalé, mais nous n'avons malheureusement pas pu conclure à un défaut de fabrication. Le problème provient d'une erreur de manipulation qui vous incombe ». Alors là je n'ai pas du tout apprécié. Il fallait construire plus solide, et puis la garantie n'est pas terminée alors qu'est ce que ça vous coûte de me changer ce tas de terre qui hoquette. On me rétorque : c'est de votre faute vous avez abusé du carbone, vous avez bouffé du charbon, du pétrole jusqu'à plus soif. Consultez le mode d'emploi. Nous n'y pouvons rien et il ne peut y avoir d'échange car vous n'avez pas utilisé l'appareil correctement ni suivi nos recommandations malgré nos nombreuses mises en garde etc. C'est proprement scandaleux. J'ai payé pour la bonne marche d'un produit et j'exige qu'on me le remplace. Faites quelque chose vous qui êtes le patron.

Puis je vous signale aussi que certaines de vos créatures humaines se sont très mal comportées l'année déjà dernière, suivez mon regard : Paris le Bataclan par exemple. Ça me fait de la peine, je suis déçu. Je croyais sincèrement en vous j'étais même prêt à me damner pour vous et vous, vous avez fait preuve d'une mauvaise foi ridicule en nous balançant des illuminés qui se réclament de votre groupe. Ils sont de plus en plus nombreux et d'obédiences diverses, tous aussi allumés les uns que les autres et moi ça me gâche ma nouvelle année – à moins que ce ne soit le champagne... Il va falloir vous retrousser les manches et dare- dare.

D'accord je reconnais que nous les humains sommes de grands enfants, on n'a pas trop ménagé notre jouet mais à notre décharge qu'est ce que vous avez fait pour nous en empêcher ? Vous vous êtes peut être exprimé à travers la bouche de vos subalternes, vous nous avez fait part d'un certain mécontentement, qu'il fallait revoir notre façon de jouer, être plus respectueux de nos affaires, plus soigneux, plus ordonnés aussi. Paroles, paroles pieuses mais sans effet vous vous en rendez bien compte. Vos mises en garde n'ont servi en rien. Quand je dis VOS mises en garde, ce sont plutôt celles de vos franchisés pas toujours très crédibles d'ailleurs – il n'y a qu'a voir leur mode de vie, leurs petits penchants de travers. Vous avez un an pour me convaincre. C'est plus qu'il n'en faut pour un guide aussi puissant que vous. Il vous suffit de vouloir. Je veux encore croire en vous.

Avec tous mes vœux de réussite pour le projet que nous avons en commun.

Un homme encore confiant et qui met tout ses espoirs en vous.

Janvier de n'importe quelle année.

jeudi 17 décembre 2015

Monde nouveau

Je sais une chose, j'écris pour le vent mais pas pour les gens. A chacun ses lecteurs les miens tournent autour de la rose, soufflent sur mes pages, ne lisent que la surface des mots qu'ils couchent dans leur haleine les jours de grande lecture.

Je brame à tous les printemps dans les clairières pas dans mes livres – je n'en ai pas publié ou juste quelques bouts de moi qui coulent de mes lèvres et se répandent sur la page, essaime sur ses nervures et dessinent des arabesques qui n'intéressent personne, je remplis des bouteilles de messages sans adresses et je les lance dans un océan où les vagues obéissent à des respirations mécaniques. Mes blogs y sont des plages sans sable et sur ma Face de book poussent des « j'aime » troqués contre mes « j'aime » sur d'autres plages tout aussi blogue que les miennes.

Un monde nouveau est né qui double ce monde de chair et de terre, rempli d'images et de mouvements. Je n'y ai pas ma place. Mes mots y sont des étrangers, ma voix ne retient plus que l'ombre du ridicule et l'on rit, au mieux on se tait, toujours on se demande quel est cet hurluberlu hurlant dans le silence de son encre des desseins qui n'intéressent personne .

Il y circule un sens, sens écrit sans lecteurs, alors il vaudrait mieux que je ferme ma gueule et que je me contente de marcher sur mes fils de terre entre ciel et mer au pays où tout se mêle, se mélange, les hommes et les anges, les poissons et les animaux, là où l'eau imprègne le sang des hommes, là où il pousse des écailles sur la peau, là où l'on vit immergé entre deux marées : marécages et mare nostrum, là où la terre s’effile et file en neurones filandreux conquérir cette salinité que le soleil révèle dans un blanc ou rien ne pousse que la mort. Silence radio sous soleil radieux et blanc insoutenable.

Pourtant j'ai des choses à vous dire des mots à articuler les uns aux les autres tous à brailler en chants cacophoniques, polyphoniques, à ordonner, discipliner parce qu'il a de l'allure mon orchestre parce que ce qu'il gueule vient du fond des tripes, vit dans la boue de repas indigestes, espoirs déçus, dégoût politique, rupture climatique, tristesse face au carnage de mes amis à plumes dont le vol m'émerveille, poissons qui ne brilleront plus que dans l'océan de ma mémoire, toi mon animal de poil et d'amour parti au pays des meutes, des aboiements nocturnes quand la lune ronde bouffe tout son ciel, toutes ces vies perdues, ces forêts qui ne me parlent plus, mes fils coupés et ma vie d'homme dont les prolongements m'inquiète parce que demain...

Demain cette enfant que j'ai faite et son enfant que je berce plongent leurs yeux dans les miens y posent leur confiance et moi je ne peux que baisser mon regard et murmurer dieu auquel je ne crois pas fais que le pire ne soit pas leur quotidien.

lundi 14 décembre 2015

Ne me dis pas


Ne me dis pas mon am... ne me dis pas je t'ai...chut me, ne me dis pas que ton cœur palp... pas que ton... pour moi...j'ai peur, c'est comme ça. Ne dis pas mon ché... ne me dis pas ri, chut ne dis pas mes, pas mes… yeux dans tes yeux, ne me dis pas sans toi ma... ne me dis pas… vie. C'est comme ça, ce monde est immonde. 

Ne me dis pas rose bonbon ne me dis pas mon an-je t'ai chut dans la… peau, ne dis pas, ne dis pas tu es ma...sans toi je... rien. C'est comme ça ce monde est démon, démonté. Ne me dis pas deux, ne me dis pas mains, ne me dis pas tout, ne dis pas jours ne me dis pas. 
C'est comme ça ce monde est sans lendemain et pourtant je voudrais y croire et pourtant au delà du désespoir, au delà de moi je voudrais le hurler, le cracher. C'est comme ça le monde me bâillonne, c'est comme ça ce monde m'effondre. Pourtant ces « ne me dis pas » j'en ai rêvé, j'en ai bavé, j'en ai pleuré, j'en ai chanté. C'est comme ça. Ce monde me plombe. 
Ne me dis pas tu me déçois, ne me dis pas j'aurais dû, ne dis pas je ne t'ai...chut me pas, ne me dis pas je m'en vais, ne me dis pas fini, ne me dis pas. Comme ça, ce monde est un combat, ce monde est nauséamonde. Ne dis pas sourire ne me dis pas beau/temps, ne me dis pas je te...ni veux, ne me dis pas. 
C'est comme ça, ce monde, ce monde ne me quitte pas, ne m'oublie pas, ce monde n'est pas terre ronde alors pourquoi pas… pourquoi pas se perdre dans tes...bras, se perdre dans ton...monde, ton Dysney monde, dessiné pour Noël, ce monde dys/né pour s'aimer quand la terre gronde. 
C'est comme ça mon amour c'est comme ça le monde ne tourne pas la bonne ronde, alors dis moi des choses tendres, des choses que je ne veux pas entendre, des souffles que je ne respire pas, des mots que je ne dis pas. C'est comme ça ce monde me crie. Je ne veux pas, pas qu'il me rassure, ce monde est une imposture, alors dis moi le silence, le silence de ton corps, le ciel de tes yeux, de mes yeux l'ombrage quand le sol est en feu. 
C'est comme ça, ce monde, ce monde est clos, ce monde est tort, torturé, clôturé, tourmenté, propriété privée, privé de toi mon amour, moi sans propriétés vraiment remarquables, ne me dis pas surtout pas, ce monde nous prend pour...pour ce que l'on n'est pas, ce monde pour lequel l'on n'est pas né, né pour s'é...triper, né pour... fendre, ce monde n'est pour personne .
Alors on invente une langue, langue de nos signes, et l'on désigne avec nos bras, nos jambes, nos yeux, avec tout ce qui est nous un poème pour deux, peau-aime nue, dans la rondeur de nos mots tus.

lundi 16 novembre 2015

Pèlerinage

Peut-être existe-t-il un tiers au delà mais pas de l'espèce que nous décrivent toutes les prophéties. Dieu ne nous a rien fait directement mais ses églises, ses sectes et tous ceux qui se prétendent élus avec ou sans barbe ont fait preuve d'une grande créativité pour nous maintenir le bec dans l'eau, l'au delà bien sûr. Et les prophètes sont à la religion ce que les grands cuisiniers sont à nos petits plats. 
 
Que dire de nos chevaliers de robe politique qui brandissent leur bla bla bla comme des armes, aguichent les troupeaux moutonneux que nous sommes à coups d’œillades sécuritaires et plus on parle de nous protéger et plus ça me fait peur et plus j'ai mal au cœur. Nos guignols gesticulent, crient aux scandales, déversent leur flots de haine personnelle. Religieux, politiques même combat dirait-on. 
 
"Mon petit, faut qu'ils vivent" répondra La Voix qui résonne sous mon capot. Elle en a de bonnes. A sa décharge elle instille une grande dose de cynisme dans le fond de ses remarques. Reconnaissons le, il doit bien avoir des purs sous les soutanes, quelques doux dingues aux convictions sincères dans les temples de prière ou les fabriques de nos idées, idéaux démocratiques. On les entends bien mal et la sagesse d'ici bas ou d'en haut se dissout dans les professions de mauvaises fois. Ça couvre à grands cris leur petites voix. 
 
Je ne communierai pas avec les braillards. Tous ont tellement de sang sur leurs prières. Aujourd'hui pas plus que demain et pas moins qu'hier, nous partagerons notre pain quotidien sans calcul, sans aucune équation qui viserait l'égalité entre ce que nous donnons et ce que nous recevrons dans la nébuleuse d'une après vie, pas après mort non, après vie parce que la vie est et ça suffit.

Aujourd'hui bien plus qu'hier encore, allez donc savoir pourquoi, partir en croisade armé de la volonté indéfectible de jouir. Saluer la vie encore et encore, se laisser pénétrer de ses courants d'air, la laisser introduire en nous la douceur d'une gorgée de café au réveil, marcher dans nos villes, nos campagnes sans crier aux armes citoyens, célébrer le ciel et la mer tous les jours face tournée vers l'est le matin et l'ouest au couchant. Aimer le calme et son silence, guetter la musicalité du quotidien dans la chanson du tram, le ronronnement du matin, contempler, aimer, vénérer la danse de l'ordinaire pour en extraire l'essence unique. Pourquoi la légèreté de l'être ne se goûte jamais autant que sous la menace ?

Être riche de ce que le jour nous donne, riche désespérément, riche de sa vigueur parce que nous connaissons trop la fragilité, la précarité de ce qu'elle construit, qu'elle arrache au néant qu'elle bâtit sur le chaos. Nous marcherons seuls dans nos rues, nos chemins, la tête en l'air, l'esprit aux aguets prêt à s'ouvrir au moindre chant d'oiseau, au moindre frôlement d'une robe, à ta moindre caresse ma compagne, mon amie si chère, à ton premier gazouillis de bébé ma petite fille, à ton sourire de maman, ma fille, vous tous qui partagez le quotidien de nos pensées et toi aussi qui promène ta canne et ton gobelet à chaque feu rouge, mendiant soupçonnable ou toi encore dont nous croiserons le regard, toi qui nous sortira de l'anonymat par un bonjour, un vrai avec les yeux dans les yeux.

Nous marcherons, nous nous exposerons à vos éclats de rire, à la mitraille de vos printemps, nous exploserons de joie avec l'urgence de celui qui se sait mortel. 



vendredi 6 novembre 2015

Boss



photo Antoine Pennacino
Dans le téléphone du Boss le gratin du monde, sur son envers les gens du bas qui vivent au ras du trottoir. Coté clair le pur qui monte parce qu'il est plus léger que l'air débarrassé des tracas du bas. Coté obscur, l'impur prisonnier de la glaise parce qu'il mange trop de gras. Tout en haut invisible d'en bas tellement c'est haut, les arcanes du Boss.

Toujours la même rengaine. Le veau et son or, comme dirait mon ami Moïse, sont toujours la crème de la crème, font toujours le délices des palais et moi d'ajouter le veau et ses media duo gagnant sur tous les écrans, les images qu'on adore, l'or qui nous rend fou et la fuite en avant parce que derrière il y a quelque chose qui nous court après et ça nous effraie, alors on se réfugie dans l'agenda du boss, notre château fort et lui notre seigneur. Que Dieu et ses vassaux nous protègent, amen. L'avenir de ma planète dans l'annuaire du boss où se logent gratos les z'homs z'importants n'est ce pas. Allô allô, allô ! Mais personne ne répond.

l'univers du boss l'agenda du boss, l'annuaire du boss. Mais boss n'a pas la bouille d'un ange. Il ne sait pas, dit- on qui saccage la planète, moi je dis : il s'en fout dans sa bulle de boss, notre jardinier cultive son pouvoir, se soûle à coups de téléphone, de galas, de cocktails quand d'autres s'essaient à planter tomates et radis, bio s'il vous plaît. Le Boss fait le coq. Le boss s'amène dans sa box à rallonges. Elle a plus de portes que d'habitants, c'est là qu'il vit très loin de la base le boss avec son téléphone et dedans le sort de ma planète… ma petite planète avec ses mers, ses océans, ses yeux bleus.

La box du Boss s'étire dans l'avenue sous les clic et les clac des flash, sous les petits drapeaux des enfants qu'il bise électoralement, les enfants du firmament là haut tout en haut, pas les morveux des boueux qui vivent dans les feux du bas. Et dans les grands meeting tout près des étoiles, il rougit les lèvres des mamans. Le boss est en campagne et soigne son icône. Boss roule sa bosse, Boss bosse pour lui uniquement.

Le sort de ma planète entre tes mains j'ai peur. Et lui de répondre : laisse moi petit, laisse moi tu vois bien que je suis occupé, je n'ai pas le temps aujourd'hui reviens demain... tiens prends. Et l'enfant s'en va, dans sa main la photo du boss en campagne, dans sa main le slogan : pour un monde meilleur demain... et l'enfant sourit : demain ça lui va bien car demain c'est lui.

Mais le boss vend du vent : le souffle de ma chérie planète. L'enfant ne le sait pas. Il a confiance et demain, demain aussi car demain c'est lui... il ne sait pas que pour le boss c'est tout à l'heure, tout de suite,  pour épater la galerie, demain une promesse qui ne coûte rien, demain est une litanie, une formule magique sans lendemain mais l'enfant n'est pas dans l'agenda du boss pas plus que le monde et pas plus que le climat.

Le boss serre des mains et encore des mains, bizoute à tous crins pendant que l'on mazoute les mers pendant que l'on particule l'air, pendant qu'on se chauffe au carbone et l'enfant et demain main dans la main gambadent dans le vaste monde. Soudain ils s'arrêtent :

oh!

Là devant, dans ce futur qui nous est proche, se transforme en présent, le boss cabosse le monde et l'enfant crie :

Boss boss pourquoi tu casses ma planète.

Mais c'est pour ton bien, pour demain et pour toi mon enfant . Il faut lui apprendre à vivre, il faut lui apprendre qui est le boss sinon elle n'en fait qu'à sa tête. Tu cries, tu m'accuses mais mon petit je n'y suis pour rien, je suis moi-même étonné. Il faut bien vivre, il faut bien que les hommes vivent, mon enfant. Tu es trop jeune pour comprendre. Va jouer aux billes puis reviens quand tu seras grand...

L'enfant a grandi nourri aux mamelles du monde, bercé par les chants du Boss des media. Il contemple l’œuvre du grand homme... Le Grand Œuvre... Il s'est rangé, il a tranché...il s'est trempé dans le bain du boss.

Et demain reste là sur le bord du monde, bien triste, bien seul aussi sans l'enfant qui lui tient la main et demain, demain s'éteint tout doucement dans l'éclair d'un matin...

mardi 29 septembre 2015

Elle emménage

Va falloir
laver, frotter, briquer,
fair' briller de la cave au grenier,
réparer, recoller,
des bois, blessés, froissés,
par des pas dissipés...

elle doit arriver

Enlevez vos idées noires
rengainez vos rancoeurs
balayer devant vos portes,
du propre, et du net,
elle emménage.

Bannir, traquer, piéger
sulfate et nitrate
Chasser de nos zones l'ozone
ranger, cribler, trier nos déchets,
Elle emménage.

Et puis nos mers et nos océans
brillants de nos huiles frelatés,
de nos dégazages sauvages,
lessivez, récurez,
elle emménage.

Ces oiseaux collés au rivage,
animaux mourant de nos pestes :
nettoyer, épurer nos us nos usages
de tous nos ravages,
elle emménage.

Et nos violences, nos disputes,
nos guerres juste à nos frontières,
et ces gens sans argent,
ces enfants sans parents,
atténuez rassurez,
elle emménage.

Va falloir bricoler,
arranger puis lustrer
plein de vies amochées,
mal barrées et cassées,
Elle va s'installer.

Rapiécer raccommoder, coudre recoudre
un monde trop endommagé,
et j'ai si peu de temps,
elle emménage.

Il reste un peu d'amour,
quelques rares rires
qu'il faut dépoussiérer,
des oh et des ah surprenants,
des plages et des oiseaux,
poissons et autres animaux
à aimer et bercer...

Va falloir lui dire,
dire et redire :
ce monde est sale, mal rangé
ce monde les hommes l'ont abîmé,
il va falloir le réparer,
le consoler le dorloter,
le briquer le lustrer
de la cave au grenier.

C'est déjà son monde,
et j'ai un peu honte
de tout ce désordre
que je laisse en partant.




mercredi 23 septembre 2015

Politiquement correct

Ne dis pas
Ne dis pas chat pour chat
Ne dis pas
ne dis pas trop tard,
ne dis pas impossible
ne dis pas noir
ne dis pas contagion, épidémie
ne dis pas ne dis surtout pas demain
ne dis pas on n'y peut rien
ne dis pas immigrés, ne dis pas raciste.
Ces mots sont malades mais tu ne le vois pas et tu insistes lourdement.

-Ces gens qui sont dans l'eau ?
Des baigneurs, des surfeurs...
-Qui nagent tout habillés, apparaissent disparaissent, apparaissent, qu'on ne voit plus du tout ?
Des amuseurs c'est tout...


- Ces gens qui passent les frontières en masse ?
- Randonneurs, voyageurs hors des sentiers battus.
- Et ces barbelés ces murs entre eux et nous ?
- Labyrinthes, parcours de santé...

Ces mots sont malades et tu répètes, répètes, tu rabâches : pollution, réduction, contention, migrations...
ré-vo-lu-tion...

ces mots sont malades,
il faut les écarter, les mettre, en quarantaine, en camp de réfugiés ou bien les repousser,
il faut cacher ces maux que je ne saurais voir.

Distrayez moi, parlez moi d'amour dites moi des choses sirupeuses des choses qui collent à mes doigts...sentent bon la rose sur son fumier...
soit : on n'engraisse pas les cochons à l'eau claire soit, mais je ne veux pas voir le lisier qui me nourrit.

Sécurité, surveillance, malveillance,
montez le son je ne veux pas entendre,
de la musique dans tous les rayons,
acheter, acheter pour combler le vide entre les mots,
parler, parler logorrhée, log-errer, débiter,
mais surtout évacuer le silence où l'on pense,
expulser nos idées,
exposer nos rires forcés,

les mots sont malades de nos peurs.

Sauvez moi en douceur, ne faites pas mon malheur,
laissez moi vivre dans ma matrice,
mes bulles de savon,
mes petits plats amoureusement bichonnés,
mes jardins potagers
ou mes comment-dois-je-faire,
mes astuces mes tours de main.

Demain sera bien assez tôt,
demain arrive bien vite,
demain arrive trop vite,
vivons dans le présent, l'instant qui nous est programmé.

-Du calme monsieur, du calme madame, l'amour est dans nos prés , dans la rosée préservée, dans ce prochain qui ne m'est pas tout à fait familier, mon voisin de palier, ce jeune et sa musique... et si ce n'est pas de l'amour ce sera de la rage...
il faut choisir.

Tous droits réservés JCarayon.
Photos JPSorgue

vendredi 18 septembre 2015

Et pourtant

La mer, la mer si calme, si douce la mer, si paisible et pourtant...
et pourtant tu te souviens...
les vagues, les plaintes, les grincements de la coque du bateau...
la crainte, la peur sur les visages, et pourtant.
Ici la mer déroule son eau sur des visages tranquilles.
Et pourtant la traversée avec les grondements bavant d'écumes et le vent et les voix des marins, les hurlements sur le pont.
Ici nous sommes enfin de l'autre côté.
Oui de l'autre côté des choses,
du bon côté.
Et pourtant hier nos regards tendus, nos yeux braqués sur le rêve et sa destination, la mort autour.
Et là sur la plage, un corps...
un homme...
comme nous?
Un homme comme nous, et différent pourtant . Il dort, vraiment, il dort.
Je n'aime plus voir ces corps immobiles ni ces bois qui flottent, passifs.
Ce corps est un homme d'ici. Tout à l'heure il va s'animer, il se lèvera puis s'en ira sans doute, l'esprit libre de nos frayeurs.
Plus jamais je ne saurai distinguer le sommeil et la mort.
Tu devrais sourire... pense au pays, aux nôtres sur l'autre rivage. Nous sommes leurs yeux, nous sommes leur espoir.
Et pourtant nous voilà libérés d'une peur mais une autre loge dans sa vacance...
dans les regards d'ici où je lis la bonté ou la méfiance.

vendredi 4 septembre 2015

Et pourtant

Photo : Philippe Feluy
J'ai du dégoût sans être malheureux, beaucoup d'amertume pourtant je suis comblé. Mais, mais j'entends la rumeur des hommes, cliquetis étouffés de leurs manigances pendant que les sourires ensoleillent les écrans et l'histoire me chuchote à l'oreille : ne les écoute pas, ils parlent, ils chantent, ils se recueillent pieusement, on y croirait et pourtant les mélodies en sous sol ne recouvrent pas tous les cris et pourtant il en est de plus forts et de plus stridents que les autres et pourtant ce silence, que penser de ce silence.

J'ai de la tristesse pourtant je vis dans le soleil, je ne compte pas et pourtant je vis soucieux, avec le poids du désenchantement. J'ai de la colère et pourtant je vis en liberté dites-vous. Mais l'histoire me murmure les alliances contre nature : le coeur sur le bord des lèvres nos porte-voix vitupèrent, dénoncent la dictature mais soutiennent la main du sang, à l'envers de l'endroit, coté obscur coté de lumière cote à cote dans les mêmes cerveaux. Et le rêve flirte avec le cauchemar.

J'ai la nausée pourtant je cherche un jour, un jour sans arrière salle, sans arrière pensée. Un jour fait d'hommes clairs, un jour pur avec sa nuit d'un sourire franc. Pourtant les hommes du secret copinent avec le crime, et nous peuples que l'on zappe, que faisons nous. Pourtant j'ai dans les yeux un horizon radieux, pourtant j'appelle au réveil, oui j'appelle, je hèle les esprits. 

Ouvrez, ouvrez à la clarté, laissez votre anesthésique quotidien. Un pas, il suffirait d'un petit pas, un petit écart à droite ou à gauche pour que l'on voit le verso de nos pages ensoleillées. Un petit pas sans effort, pas chassé vers l'envers du décor à rebrousse pensée, un pas de coté que vous ferez ou ne ferez pas. Et pourtant...

vendredi 20 mars 2015

Total Paradisiac


Total Paradisiac

Je suis aux Bermudes, je mets des bermudas. Bermudes, belles boîtes à lettres sans facteurs ni trompettes. Bermudes bermuda, da da da da, Ber mudes Ber mudes ber, berne le fisc, guide le fric.

Filez filiales, filles de l'air, filez aux Bermudes où l'on siège à couvert.

Nous ne sommes de nulle part, nous vendons achetons mais nous n'existons pas, fins limiers impossible de nous dépister.

Filez filiales filles de mon portefeuille, ni vues ni reconnues, filez au Triangle des Bermudes.

Un imparable voyage pour disparus improbables, passagers de papiers ou jeux d'écritures que la mer engloutit dans le secret de ses coffres.

Filez, filles de l'air loin des jeux de plages, mes filiales que l'on escamote onshore par la magie d'un tour, tour de passe passe.

Moi je paradis-fiscale sous l'ombrage des cocotiers.

Et mes filles chéries dévorent offshore du brut, du raffiné. 

Texte, © Joël Carayon 

jeudi 15 janvier 2015

Les jours après le jour...


Un pays avec des îlots entre de profondes crevasses. Sur ces îlots des hommes ignorants des autres hommes sur leur îlot. Un pays de gerçures où des profiteurs ont appris à circuler et qui détruisent toute tentative de passerelle.
Chassons ces agents d'une internationale de la peur, ces hommes qui se complaisent dans la colère.

Aujourd'hui je suis inquiet pour nos enfants et petits enfants, pour vous également hommes et femmes de l'immigration, de toutes les immigrations, vous qui défendez aussi la liberté d'expression, expression de notre corps, de nos idées, de notre liberté, vous qui dites non à ces ombres qui nous rongent, nous assaillent ou nous tuent, vous que le courage expose au marteau ou son enclume. Aujourd'hui j'ai peur pour vous mais j'affronterai ma peur.

Je ne lui donnerai pas le visage de l'étranger, je ne me laisserai pas aller aux représailles. Je repousserai tous ceux qui exhortent à la guerre « sainte ». Comme si une guerre pouvait être sainte. 

Et moi l'athée, l'agnostique, je ne serai ni la voix qui pousse ni la main qui frappe. D'ailleurs je ne pense pas qu'une seule religion appelle à tuer son prochain. Par contre je crois à l'hypocrisie de ses croisés qui veulent à tout prix séparer le bon grain de l'ivraie, le bien à mon image de l'autre « mon enfer ». 

Je ne serai jamais raciste envers qui que ce soit mais de mes petites mains je me mettrai en travers du chemin de ceux qui organisent la colère, la peur et la convertissent en violence. 
 
Ma conviction loge en laïcité, ma foi est dans l'humain, mes moyens sont la parole. Je ne serai ni suicidaire ni soumis. Et si jamais un jour j'étais férocement contraint de me taire, je mettrai une peau d'âne, je serai corbeau ou renard. Je ferai parler les animaux.

mardi 13 janvier 2015

Ceci n'est pas du racisme

Pas d'image pour ce petit message. je viens de lire l'intervention de Netanyu, sur "20minutes.fr".

"Netanyahu dit aux juifs de France qu'Israël est leur «foyer», Manuel Valls lui répond..."

Il y a eu des victimes juives. C'est déplorable. Il y a eu aussi des dessinateurs me semble-t-il  et des personnes plus modestes qu'il ne faut surtout pas oublier, surtout pas. Alors cette phrase plutôt sectariste à mon sens, est une provocation. On pourrait faire bien des reproches à ce monsieur Netanyu, premier ministre, notamment de s'être imposé dans le défilé parisien à des fins électoralistes (RFI ou encore le "Huffingtonpost"). Allez donc voir pour vous faire votre propre opinion. 

Question : ne faudrait -il pas montrer un soutien plus ferme vis à vis des musulmans qui dénoncent le terrorisme, ces français pris entre deux feux?

lundi 12 janvier 2015

Rire

Rire aux éclats
rire aux larmes
plus loin que les armes
à gorge déployée
le poing levé

rire
pour me sentir libre
jusqu'au défi
jusqu'à mourir

rire de tout
pour ne pas haïr
ne pas tuer
pour conjurer la peur
dompter l'insoutenable
contenir la mort
continuer de vivre.

jeudi 8 janvier 2015

Charlie

Encore un hommage


Charlie

"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire”. Voltaire.


Ils t'ont assassiné Charlie parce que tu parlais et dessinais envers et contre toute menace et ça ils n'aiment pas. A leur décharge il faut dire que tu étais lourdement armé avec ta plume et ton crayon trempés dans l'ironie et la liberté d'expression. Ça fait un grand trou dans ton journal et dans mon présent, avec de la colère autour, des envies de vengeance peut-être.

Alors je prends mon petit stylo bricolé maison et je leur tire dessus de toute mon encre noire, la plus noire possible parce que je suis en deuil. Je les mitraille avec mes mots d'homme ordinaire mais libre.

Je ne me soumettrai pas et je ne céderai pas à la peur. Je ne ferai pas l'amalgame, je ne prendrai pas le chemin facile et confortable du racisme et de la violence. Charlie, je n'ai pas le droit de te décevoir pour ce que tu m'as donné avec tes dessins, ta verve au vitriol, la plus redoutable des bombes apparemment.

Tu m'as accompagné, tu m'as rassuré quand je me sentais bien marginal avec mes idées de gauche, mon désir d'humanité et de partage, ma révolte devant l'injustice. C'était réconfortant quand ça chauffait trop fort sous mon capot de prof. Tu dessinais l'endroit de ma révolte. Aujourd'hui je suis orphelin de conviction et je pleure.

Charlie je ne te laisserai pas tomber. Avec toi c'est ma liberté qu'on assassine.