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vendredi 20 novembre 2015

Fluctuat

Solidaire.

Je suis sol, sol sans terre sans territoire, sol en terre sans frontière.

Je suis terre, terre des hommes, terre fraternelle, seuil pour tous les sans seuil.

Je suis sol à seuil et sans frontière, porte ouverte, main tendue et fraternelle.

Je suis sol et terre, sol et seuil, seuil et porte, porte voix, porte parole.

Je suis sol que les balles ballottent, qu'on assaille, qu'on mitraille, détourne, récupère

sol de combat, qu'on replie, qu'on emprisonne,

sol d'exil qui refoule, qu'on repousse, qu'on libère,

sol acculé contre les mers, adossé à la fin des terres,

mais sol toujours,

toujours sous vos pas, vos paroles,

sol qui vous porte et ne se dérobera pas.



Et puis je voudrais être un sol qui donne le ton, ne sonne pas le glas,

ton sol, ton soleil

parce que je vois de la grisaille sur ta bouche, de la mitraille sur tes yeux,

du repli dans tes mots, du silence dans ton cœur,

être ton sol haut en couleur,

sol qui ballotte mais toujours te porte.



























Je suis sol et terre terre sans frontière, je suis seuil ouvert à tous les pas,

lundi 16 novembre 2015

Pèlerinage

Peut-être existe-t-il un tiers au delà mais pas de l'espèce que nous décrivent toutes les prophéties. Dieu ne nous a rien fait directement mais ses églises, ses sectes et tous ceux qui se prétendent élus avec ou sans barbe ont fait preuve d'une grande créativité pour nous maintenir le bec dans l'eau, l'au delà bien sûr. Et les prophètes sont à la religion ce que les grands cuisiniers sont à nos petits plats. 
 
Que dire de nos chevaliers de robe politique qui brandissent leur bla bla bla comme des armes, aguichent les troupeaux moutonneux que nous sommes à coups d’œillades sécuritaires et plus on parle de nous protéger et plus ça me fait peur et plus j'ai mal au cœur. Nos guignols gesticulent, crient aux scandales, déversent leur flots de haine personnelle. Religieux, politiques même combat dirait-on. 
 
"Mon petit, faut qu'ils vivent" répondra La Voix qui résonne sous mon capot. Elle en a de bonnes. A sa décharge elle instille une grande dose de cynisme dans le fond de ses remarques. Reconnaissons le, il doit bien avoir des purs sous les soutanes, quelques doux dingues aux convictions sincères dans les temples de prière ou les fabriques de nos idées, idéaux démocratiques. On les entends bien mal et la sagesse d'ici bas ou d'en haut se dissout dans les professions de mauvaises fois. Ça couvre à grands cris leur petites voix. 
 
Je ne communierai pas avec les braillards. Tous ont tellement de sang sur leurs prières. Aujourd'hui pas plus que demain et pas moins qu'hier, nous partagerons notre pain quotidien sans calcul, sans aucune équation qui viserait l'égalité entre ce que nous donnons et ce que nous recevrons dans la nébuleuse d'une après vie, pas après mort non, après vie parce que la vie est et ça suffit.

Aujourd'hui bien plus qu'hier encore, allez donc savoir pourquoi, partir en croisade armé de la volonté indéfectible de jouir. Saluer la vie encore et encore, se laisser pénétrer de ses courants d'air, la laisser introduire en nous la douceur d'une gorgée de café au réveil, marcher dans nos villes, nos campagnes sans crier aux armes citoyens, célébrer le ciel et la mer tous les jours face tournée vers l'est le matin et l'ouest au couchant. Aimer le calme et son silence, guetter la musicalité du quotidien dans la chanson du tram, le ronronnement du matin, contempler, aimer, vénérer la danse de l'ordinaire pour en extraire l'essence unique. Pourquoi la légèreté de l'être ne se goûte jamais autant que sous la menace ?

Être riche de ce que le jour nous donne, riche désespérément, riche de sa vigueur parce que nous connaissons trop la fragilité, la précarité de ce qu'elle construit, qu'elle arrache au néant qu'elle bâtit sur le chaos. Nous marcherons seuls dans nos rues, nos chemins, la tête en l'air, l'esprit aux aguets prêt à s'ouvrir au moindre chant d'oiseau, au moindre frôlement d'une robe, à ta moindre caresse ma compagne, mon amie si chère, à ton premier gazouillis de bébé ma petite fille, à ton sourire de maman, ma fille, vous tous qui partagez le quotidien de nos pensées et toi aussi qui promène ta canne et ton gobelet à chaque feu rouge, mendiant soupçonnable ou toi encore dont nous croiserons le regard, toi qui nous sortira de l'anonymat par un bonjour, un vrai avec les yeux dans les yeux.

Nous marcherons, nous nous exposerons à vos éclats de rire, à la mitraille de vos printemps, nous exploserons de joie avec l'urgence de celui qui se sait mortel. 



jeudi 15 janvier 2015

Les jours après le jour...


Un pays avec des îlots entre de profondes crevasses. Sur ces îlots des hommes ignorants des autres hommes sur leur îlot. Un pays de gerçures où des profiteurs ont appris à circuler et qui détruisent toute tentative de passerelle.
Chassons ces agents d'une internationale de la peur, ces hommes qui se complaisent dans la colère.

Aujourd'hui je suis inquiet pour nos enfants et petits enfants, pour vous également hommes et femmes de l'immigration, de toutes les immigrations, vous qui défendez aussi la liberté d'expression, expression de notre corps, de nos idées, de notre liberté, vous qui dites non à ces ombres qui nous rongent, nous assaillent ou nous tuent, vous que le courage expose au marteau ou son enclume. Aujourd'hui j'ai peur pour vous mais j'affronterai ma peur.

Je ne lui donnerai pas le visage de l'étranger, je ne me laisserai pas aller aux représailles. Je repousserai tous ceux qui exhortent à la guerre « sainte ». Comme si une guerre pouvait être sainte. 

Et moi l'athée, l'agnostique, je ne serai ni la voix qui pousse ni la main qui frappe. D'ailleurs je ne pense pas qu'une seule religion appelle à tuer son prochain. Par contre je crois à l'hypocrisie de ses croisés qui veulent à tout prix séparer le bon grain de l'ivraie, le bien à mon image de l'autre « mon enfer ». 

Je ne serai jamais raciste envers qui que ce soit mais de mes petites mains je me mettrai en travers du chemin de ceux qui organisent la colère, la peur et la convertissent en violence. 
 
Ma conviction loge en laïcité, ma foi est dans l'humain, mes moyens sont la parole. Je ne serai ni suicidaire ni soumis. Et si jamais un jour j'étais férocement contraint de me taire, je mettrai une peau d'âne, je serai corbeau ou renard. Je ferai parler les animaux.

lundi 12 janvier 2015

Rire

Rire aux éclats
rire aux larmes
plus loin que les armes
à gorge déployée
le poing levé

rire
pour me sentir libre
jusqu'au défi
jusqu'à mourir

rire de tout
pour ne pas haïr
ne pas tuer
pour conjurer la peur
dompter l'insoutenable
contenir la mort
continuer de vivre.

mercredi 7 janvier 2015

CHARLIE


Charlie assassiné pour délit de libre expression et pour avoir défendu le droit de rire de tout en démocratie. Mais je me refuse de penser que la majorité des musulmans pratique cet islam là. 
Parole d'agnostique ou d'athée.