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mercredi 17 août 2016

c'est quoi qui brûle



L'autoroute en flammes et le feu aux fesses, la rage incendiaire et la vie dans l'cirage,
les canadairs au détour d'un virage, nos étreintes d'un autre âge.

C'est quoi, quoi qui brûle ?

La course folle dans les rues, les sirènes dans la ville, des tiges noires érigées qui noircissent la garrigue,

C'est quoi, quoi qui brûle ?

La joie des hommes en plein envol, la candeur d'un p'tit bonheur, chaud devant, chaud chaud, l'amour brûle et meurt sous la jupe de ma nuit.

C'est quoi, quoi qui crame ?

L'info à la une, Pierrot sous la lune, le fond de nos âmes, le chemin des Dames

C'est quoi qui... quoi qui…


Quoi, quoi, le torchon entre toi et moi, ma prière et son dieu… le silence des cieux.

C'est quoi qui crame quoi

La foi incandescente ; demain, dans nos rêves.

Quoi qui clame et meurt ?

La troupe et ses soldats, le feu dans nos veines, la paix happée.

C'est quoi, quoi nos âmes ?

Des scories, des médailles et des jeux, du pain et son cirque, des cracheurs de flammes, deux grammes et demi d'alcool ou d'éther, un éclair, un jeu dans nos yeux, le moins d'une machine, un drapeau que l'on échine ?

C'est quoi, quoi nos âmes

mon amour sous la braise,
tes seins que je baise
La fureur de nos adieux
ces riens entre nous deux
qu'un flot silencieux,
et la terre et son ciel
et nos voix et leur fiel ?

Quoi?








mercredi 27 juillet 2016

Il y a ceux qui se taisent

Il y a ceux qui se taisent, baissent les yeux, vivent dans le silence de leur tristesse, le lendemain se lèvent, se douchent, se regardent dans leur miroir, sourient au monde un peu gris qui se réveille avec eux, dans l'odeur d'une amertume triste ; ils se saluent, se tiennent par la main, se soutiennent d'un regard prolongé, cherchent dans la femme ou l'homme qu'ils croisent, le signe d'un encouragement ; ils marchent avec le souvenir douloureux d'une blessure à cicatriser.

Ils ne parleront de rien, éviteront de revenir sur le drame, d'en retenir la fascination lancinante, s'attacheront religieusement à répéter des gestes quotidiens comme se promener avec le moins d'arrière pensée qu'ils le peuvent, s'aimeront avec un peu plus de force, celle qu'on puise dans la douleur, la crainte. Jamais se disent-ils on ne pourra nous dérouter, jamais on ne pourra nous séparer. La mort n'est rien quand on est juste avec soi même, quand on s'abstient de détourner son regard devant l'étranger.

Ils parlent avec leur voisin de tout et de rien parce que chacun sait que l'essentiel est de briser le silence, ils boivent un café à leur terrasse habituelle parce qu'il faut maintenir à tout prix, le fil ténu et sacré qui nous lient ; ils rient de la blague douteuse d'un collègue à l'humour grossier parce que chacun sait que l'on doit résister, ils vont flâner dans les ruelles d'un jour inondé de lumière ou dans la saveur tiède d'une nuit réparatrice; ils se retournent pour suivre la danse d'une robe légère avec le soleil complice et la dame sourira parce qu'elle sait où vont les regards des jeunes mâles. Comme d'habitude, elle en sera avantageusement outrée. Ils s'ennuieront comme d'habitude, s'émerveilleront comme d'habitude, ils se chamailleront comme d'habitude, se rassembleront dans les fêtes estivales, tendront la main – mais pas l'autre joue, plus que de coutume.

Plus que de coutume, une pesanteur nouvelle en mémoire, dont ils ne peuvent s'alléger.
Et tous ensemble ils couvriront de leur voix, les chants désespérants.


vendredi 22 juillet 2016

Lessive

La pluie d'orage tombe à gouttes voluptueusement engrossées des chaleurs passées. Elle tombe ainsi d'un ciel appesanti des heurs et malheurs que le soleil a chauffés puis brûlés jusqu'à les rendre aussi légers qu'une poussière et l'air, le vent les a emportés là haut, de plus en plus haut mais le haut de nos vies s'est encrassé, et maintenant dégorge à grands pleurs.

Le ciel nous renvoie ses hauts le cœur de roulements de gorge en éclats de lumière.
C'en est trop, il est las de ces braillements humains qui encombrent la terre et ses habitants. Il faut qu'il crie, il faut qu'il tempête, il faut qu'il tonnerre, qu'il renvoie sur la terre, sur les hommes affairés à se quereller, nos amertumes, nos aigreurs dont nous nous débarrassons si aisément. Le ciel est suffisamment grand disons nous pour contenir tous nos déchets.
Mais aujourd'hui le bitume sent le sang et la peur et la détresse et la rancœur et toutes ces choses tristes dont on se déleste impunément.

L'eau du ciel emporte vers la mer la couleur de nos âmes et ce n'est pas beau à voir, ni à sentir. Le ciel renvoie à la mer ce qu'il ne peut plus supporter, et la mer avale, avale mais un jour...

vendredi 25 mars 2016

Ce jour là

J'te le dis ou plutôt j'te le gueule, j'te l'envoie bien gras.

Ce jeudi est le choix d'la brasse coulée quand dans ma matière inondable j'ai vu passer l'moineau. Il a sa plum' gorgée d'eau il a son chant des jours d'printemps. Bell'figure l'oiseau dans ton plumage tiré à quat' duvets, belle allure le moineau dans tes trilles d'apparât.

Et puis paf t'as poussé ton râle avec l'accent des faubourgs. Dans ton sang de piaf i coulait un chant d'nobless un sang rouge et noir à la couleur des trottoirs, mon oiseau.

Quand j't'ai aperçu l'aut'jour qu'i pleuvait avec dans ton bec l'amer des mauvais' fêtes j'ai tout d'suite pigé qu't'avais chaviré dans quelques houles à plumes blanches. Ell' a dû t'fair' tourner dans son vent com'un moussaillon déboussolé et tu t'pointes ici dans le faubourg où qu't'es né y a bien longtemps et tu penses qu'tu pourras recharger tes accus à l'abri des souvenances, mon bel ange. Et tu chiales dans tes plumes mais c'est, tu dis qu'un rhume des foins. Où qu't'en vois par ici de l'herbe à vache y a qu'à la porte du choucas qu't'en trouveras et elle est pas pour les vaches celle là. Ell' te fera gamberger sans billet flotter dans ton malheur sans douleur, tu nous r'viendras la fleur au bec aussi sec, foi de roitelet et j'm'y connais en aventure d'amoureuses.

Ta majesté le p'tit roi c'que t'es laid, t'as la plume en lys et le coeur en couronne d'or mais je viens pas pour l'désamour, j'viens pour un bien plus grand malheur, j'viens pour une douleur d'hom' qui rend fou les oiseaux dans Panam ou Brussel ce temps dernier et d'aut'contrées encor dont j'connais pas l'blaze. De drôl de nazes avec la croyanc' dans les ailes et l'goût du sang dans l'bec. Pointu l'bec comme un fer d'lance. J'sens encor sa douleur dans la chair des siècles, j'me souviens. Ce jour l'humain sentait la poudre et la mort, sans remord il s'est planté dans les bras d'un grand guignol à quat sous genr dabouh mais pas d'là bas s'tu was c'que ça planque dans son sous sol. Genr' Grand Guignol Roi des z'homs. Ces planeurs ont filé à tir' d'aigles, dans la cage à oiseau ont tenaillé la peau, dégommé la chair, éventré les murs.

Des sèm'la mort qui mérit pas l'nom d'la race.

J'ai vu dans leur plume un rouge tâcher leur costume de manches.

Faux qu'du faux dans leur chant vers qui qu'ce soit qui tient les becs là haut.

mercredi 2 décembre 2015

J'aurais voulu

J'aurais voulu... à ce temps de nos conjugaisons peine perdue, le regret ma chère envahit la trajectoire de nos regards et si mon sourire adoucit le plis des ans pour quelques moments, je te le dois. 

J'aurais voulu... ma volonté s'abandonne au dépit, à la résignation.

A ce temps de nos conjugaisons les mots s'enchaînent dans la douleur d'un tango et nos pas s'emboîtent dans son corps à corps fiévreux. Dans la mie ombre ma chère nos lèvres rouges s’entrouvrent puis s'enveloppent d'une ardeur charnelle pressées les unes contre les autres à la chaleur d'un rock’n’roll et nos yeux s'endiablent d'un tempo à fleur de peau. 

J'aurais voulu connaître le tabou, transgresser les nuits d'un saint germain enterré, sentir le vent de ta robe dans une de ces pirouettes qui découvrent si haut les jambes, si haut à la Doisneau, noir sur blanc fumé et saxo sexy dans cette cave de Boris à Miles Davis. 

A ce temps de nos conjugaisons. 

Et puis nous serions allés au café de Flore chanter l'existentialisme sauvage ou l'absurde solitaire au rythme de nos verres.

J'aurais et toi voulu à deux droit dans les yeux...j'aurais et toi soupiré conjugué caressé, voulu nous embraser d'un feu particulier nourri de nos espoirs car il faut bien rêver pour persister.

Nous conjuguer à l'inconditionnel par tous les temps, nous vivre sans couleur, en nuance de gris. 

J'aurais voulu suspendre ce vol aux ailes meurtrières dans ce présent où se déclinent guerre et religion.

J'aurais dans cette ville aux siècles des lumières voulu y croiser Rousseau ou bien Voltaire.