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jeudi 15 janvier 2015

Les jours après le jour...


Un pays avec des îlots entre de profondes crevasses. Sur ces îlots des hommes ignorants des autres hommes sur leur îlot. Un pays de gerçures où des profiteurs ont appris à circuler et qui détruisent toute tentative de passerelle.
Chassons ces agents d'une internationale de la peur, ces hommes qui se complaisent dans la colère.

Aujourd'hui je suis inquiet pour nos enfants et petits enfants, pour vous également hommes et femmes de l'immigration, de toutes les immigrations, vous qui défendez aussi la liberté d'expression, expression de notre corps, de nos idées, de notre liberté, vous qui dites non à ces ombres qui nous rongent, nous assaillent ou nous tuent, vous que le courage expose au marteau ou son enclume. Aujourd'hui j'ai peur pour vous mais j'affronterai ma peur.

Je ne lui donnerai pas le visage de l'étranger, je ne me laisserai pas aller aux représailles. Je repousserai tous ceux qui exhortent à la guerre « sainte ». Comme si une guerre pouvait être sainte. 

Et moi l'athée, l'agnostique, je ne serai ni la voix qui pousse ni la main qui frappe. D'ailleurs je ne pense pas qu'une seule religion appelle à tuer son prochain. Par contre je crois à l'hypocrisie de ses croisés qui veulent à tout prix séparer le bon grain de l'ivraie, le bien à mon image de l'autre « mon enfer ». 

Je ne serai jamais raciste envers qui que ce soit mais de mes petites mains je me mettrai en travers du chemin de ceux qui organisent la colère, la peur et la convertissent en violence. 
 
Ma conviction loge en laïcité, ma foi est dans l'humain, mes moyens sont la parole. Je ne serai ni suicidaire ni soumis. Et si jamais un jour j'étais férocement contraint de me taire, je mettrai une peau d'âne, je serai corbeau ou renard. Je ferai parler les animaux.

mercredi 14 janvier 2015

Liberté

Belle de bitumeDans la terre asséchée, dans ses douves remplies du sang des prométhées, une fleur, de pissenlit, de chardon, une pâquerette, un liseron, une fleur de terrain vague mais fleur quand même. Une fleur sans terreau, sans engrais, sans eau additionnée, fleur de caniveau, fleur de Gavroche, fleur des gravats, jaune ou blanche, sans noblesse de corolle, fleur discrète et simple qui s'accroche à la vie, vivace et rustique.

mardi 13 janvier 2015

Ceci n'est pas du racisme

Pas d'image pour ce petit message. je viens de lire l'intervention de Netanyu, sur "20minutes.fr".

"Netanyahu dit aux juifs de France qu'Israël est leur «foyer», Manuel Valls lui répond..."

Il y a eu des victimes juives. C'est déplorable. Il y a eu aussi des dessinateurs me semble-t-il  et des personnes plus modestes qu'il ne faut surtout pas oublier, surtout pas. Alors cette phrase plutôt sectariste à mon sens, est une provocation. On pourrait faire bien des reproches à ce monsieur Netanyu, premier ministre, notamment de s'être imposé dans le défilé parisien à des fins électoralistes (RFI ou encore le "Huffingtonpost"). Allez donc voir pour vous faire votre propre opinion. 

Question : ne faudrait -il pas montrer un soutien plus ferme vis à vis des musulmans qui dénoncent le terrorisme, ces français pris entre deux feux?

Surdose


photo sur le site lafargue.langevin.free.fr
Ensemble, quel mot, putain quel mot, je n'y croirai jamais tout à fait.
Ensemble tu peux pas imaginer,
quand ça arrive ça te fait pleurer.
Et tu te dis c'est un rêve,
seulement un rêve, bien trop beau pour la vie, la rue, la besogne quotidienne,
je vais me réveiller...

Et tu te réveilles en effet 
avec une sacrée gueule de bois.
Derrière les yeux le pays de l'Ensemble.

Ça y est je suis mordu,
j'ai la dope dans mes veines
qui circule et qui me brûle.
Envie d'une dose encore et encore
jusqu' à l'over, l'overdose.

lundi 12 janvier 2015

Rire

Rire aux éclats
rire aux larmes
plus loin que les armes
à gorge déployée
le poing levé

rire
pour me sentir libre
jusqu'au défi
jusqu'à mourir

rire de tout
pour ne pas haïr
ne pas tuer
pour conjurer la peur
dompter l'insoutenable
contenir la mort
continuer de vivre.

jeudi 8 janvier 2015

Charlie

Encore un hommage


Charlie

"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire”. Voltaire.


Ils t'ont assassiné Charlie parce que tu parlais et dessinais envers et contre toute menace et ça ils n'aiment pas. A leur décharge il faut dire que tu étais lourdement armé avec ta plume et ton crayon trempés dans l'ironie et la liberté d'expression. Ça fait un grand trou dans ton journal et dans mon présent, avec de la colère autour, des envies de vengeance peut-être.

Alors je prends mon petit stylo bricolé maison et je leur tire dessus de toute mon encre noire, la plus noire possible parce que je suis en deuil. Je les mitraille avec mes mots d'homme ordinaire mais libre.

Je ne me soumettrai pas et je ne céderai pas à la peur. Je ne ferai pas l'amalgame, je ne prendrai pas le chemin facile et confortable du racisme et de la violence. Charlie, je n'ai pas le droit de te décevoir pour ce que tu m'as donné avec tes dessins, ta verve au vitriol, la plus redoutable des bombes apparemment.

Tu m'as accompagné, tu m'as rassuré quand je me sentais bien marginal avec mes idées de gauche, mon désir d'humanité et de partage, ma révolte devant l'injustice. C'était réconfortant quand ça chauffait trop fort sous mon capot de prof. Tu dessinais l'endroit de ma révolte. Aujourd'hui je suis orphelin de conviction et je pleure.

Charlie je ne te laisserai pas tomber. Avec toi c'est ma liberté qu'on assassine.