mercredi 20 août 2014

Paradis perdu

Crépuscule de rouge sang sur mer que la nuit borde au loin.
Août, mélodie de l'eau.

Et moi,
les yeux tristement arrimés aux rivages ensoleillés.
La mer dans mon crépuscule raconte l'or qui coule de mes yeux,
Au loin le noir d'une nuit froide.

Et moi.

Puis-je encore m'étendre dans mes rêves de jeunes plages ?
Le sable dans ma chair,
le sable file s'échappe à gros débit, inutile de le retenir.

Mes voix de femmes qui m'accompagnent. Ai-je encore le droit d'un rêve d'elles, quand le chant de nos corps accompagnaient les nuits argentées, avec au-dessus de nous, qui dessine son monde le regard laiteux? Bienveillante lune.

Chanson douce.
Les lèvres pleines de ta peau.
Le vent frais et la mer.

Et toi.

Dans l'eau ruisselante d'éclats d'argent.
Et moi.

Sentir la douceur nouvelle du liquide si prés du désir.
Toi.

Chevelure nocturne dans mes bras abandonnée.
Sur ta peau la blancheur -déjà le froid ?

Mes doigts qui dessinent une autre courbe de tes reins, mes doigts façonnent mon souvenir de toi. Mes yeux dans mes yeux vieillis y cherchent leurs eaux d'une éternelle jouvence.
Ai-je encore le droit de rêver d'ailes et de te rejoindre dans ce pays de nulle part ?

Happer à plaisir ce rubis dans son écrin rose...

Te sentir, te toucher,

mon souvenir ! 

©  texte propriété Joel Carayon