jeudi 7 août 2014

Le bonheur de Lolita

 


Je vis le nez dans le troupeau.
Dans la chaleur de mes frères.
De la vie ne verrai que leurs fesses.
J’avance et je pense.


Je pense.
Pas plus loin que le bout de mon nez.
J’y veille !

Je  pense ma vie au troupeau.
Ma vie qui passe au pas l’un de l’autre.
Dans la pénombre du nombre.
La certitude de l’ignorance.
La tête fourrée au musc familier.

Dans les poches, les oreilles,
devant les yeux ;
des images,
des menus déroulants,
des machines à conseiller.
J’avance  gourmands de catalogues,
De gloire et de célébrités.

Le bonheur d’une Lolita ?
Boîte à ne pas penser au parfum de roses.
J’y veille !

Mais les idées qui me soudoient
sentent l’envie d’aller voir
par-dessus les têtes.
Faut pas !

J’ai levé les yeux.
Fallait pas !
J’ai vu des fleurs qui ne fleurissent que la nuit.
Je les ai vues!
Ça donne envie d’aller là-haut !
Faut pas.

Faux pas !

Depuis j’avance tête à cul.
Du dedans je regarde ma prairie.

Je vis fade.
Heureux du dehors uniquement.

Mes pensées me poussent hors du troupeau…

J’ai perdu les yeux de Lolita.

©  texte propriété Joel Carayon