samedi 12 juillet 2014

Tango tangue



Roger Excoffon 


Elle se prépare.
Puis joue sa vie sur deux ou quatre temps.
Glisse l’âme de la danse
aux corps qu’elle anime.



A la surface d’une nuit
immensément noire
flotte son image
poussée par les frissons d’un tango tourmenté.

Et tu vois les lampions,
les ombres qui tournent
avec de la peine
dans leur élégance.

Clichés que le regard passant
impose à l’enroulement  des robes ?
Gestuelle pour le crooner en quête d’une romance,
ou respiration d’une souffrance qui se danse ?

A bout de souffle un accordéon
syncope les rictus et sourires d’hommes.
Du temps où le tango tangue
du pas des oppressés.

©  texte propriété Joel Carayon