lundi 7 avril 2014

Le vent de l'oubli

Le vent sème son chant sur la ville qu'il ébouriffe de son souffle fantasque,
enroule sa verve dans ses rues étroites, 
dévale en larges colères ses avenues. 
Ce vent qui soulève la mer par son empressement farouche, 
mouille son ciel de nos plaintes. 
Ce vent gomme la rugosité de nos humeurs, 
polit la colère et le ressentiment, 
use l'amour qui nous lie, 
façonne un paysage trop plat, trop lisse pour qu'il nous retienne, 
dépolit nos miroirs, floute nos reflets, fatigue nos idéaux. 
Ce vent déleste notre mémoire de ses grains de folie.
Ce vent assèche nos larmes et nous apaise. 

©  texte propriété Joel Carayon