mercredi 16 avril 2014

Adiou

Il me manque, me manque, me manque ;
par le grand silence qu'il me lègue
et que je remplis de mon vacarme.

Je lui demande, mande, demande ;
si par la magie d'un conte il reviendrait.
Mais de ma voix ne sort que le mime d'un mot
dessiné sur le bord de mes lèvres.

Il me manque, me manque, me manque ;
par sa marche sur le sol absente,
par sa parole rare fille d'ellipse
qu'enfant je consultais comme un oracle.

Je lui parle, parle et reparle ;
mes mots perdus dans un mutisme sans écho
vagabondent, errent et puis se taisent.

Il s'efface, s'efface, s'efface ;
dos tourné à nos vies va rejoindre l'oubli.
Toi par qui je vis le jour,
Adiou.

©  texte et photo propriété Joel Carayon