mardi 24 février 2015

Ça ne fait rien

Jeune, j'aimais la nuit
pour ses fastes fastidieux,
j'aimais la nuit et ses néons
qui vous invitent d'un clin d’œil
à venir voir à l'intérieur.

J'aimais la nuit dans ses habits sexy, la nuit qui joue avec les si.

La nuit, ses comédiens, sa comédie,
la nuit et ses voiles d'alcool
sur nos yeux appesantis de rêves,
la nuit, ses jeux de drôles de rôles,
la nuit et ses tragédies
dans les recoins obscurs.

Ça ne fait rien car au petit matin
les ombres s'en retournent en Chine
derrière leurs écrans d'artifice.

Ça ne fait rien car au petit matin
il n'y a plus que des gens de l'ordinaire,
des gens sans l'épaisseur de l’apparat
et ça fait rire le soleil.

Texte, © Joël Carayon

dimanche 22 février 2015

Tu ne veux pas voir le Couchant

Tu ne veux pas voir le Couchant,
tu ne veux pas voir flamber le monde
sur le bord de la nuit,
quand l’œil plonge dans l'océan,
les rouges bleuissent,
le soleil se drape de la sueur des cieux ?

Je préférerais le Levant
qu'il réchauffe de son sang
quand le jour s'éclaire
d'un espoir grandissant.
Quand la vie commence.

Je préfère les promesses d'un jour
au bilan du soir qui sombre.

Texte, © Joël Carayon

samedi 21 février 2015

Vacances éternelles

Les vacances éternelles séjournent en très très hautes cimes, à plus de quatre vingts années.
Elles vivent sur les terres en arrière du jour,
dans le silence noir d'une nuit en majuscules.

mercredi 18 février 2015

Bon anniversaire

Tic tac,

tique tique taque,
tique tique taque,
Petit train de Mô
roule dans la roue de l'an.

Tit train tit train qu'entre en gare,
gare gare au temps
qui coule le long des rails.

Aïe aïe aïe
d'aiguillage en aiguillage
tit train s'anime de nouveaux visages.

Et Tit Loco-Mô-tive
tire tous les wagonnets,
un de plus à chaque année.

Monsieur le contrôleur
de tous nos retours d'âge,
gare !

C ar je veux qu'ensemble
l'on tourne tourne tourne,
très très très longtemps !

lundi 16 février 2015

Fumet de culture

Je hume. Je hume l'air, je hume un fumet dans cet air. 
Ça sent l'homme, le brut, à plein nez, fort comme une gifle.
Le musc s'infiltre, le musc s'invite, s'empare de nos papilles. 
Ça sent l'homme sauvagement, une volée d'hormones, un concentré de masculin, un précipité au féminin, une tannée à brûler les sinus. 
Je me prépare, je me pare du fumet d'un corps trop en odeur, trop en odeur d'homme. J'hume, j'humanise l'odeur. Je me parfume, je me cultive.