jeudi 16 octobre 2014

Oasis


Là-bas devant nos pas gonflés
par nos souhaits les plus secrets,
là-bas laborieusement retenue,
serrée contre nos rêves,
désespérément bâtie d'un espoir fragile,

faites qu'elle existe.

Là-bas, dans sa posture sauvage
l'écriture d'un vertige,
l'envers de nos blessures

faites qu'elle existe. 
 
Pied à pied défendue,
portée haut dans nos voix.
Dans nos paroles en creux, 
 
faites qu'elle existe
 
et faites qu'elle survive
au travail du doute,
à nos passages répétés,
nos longues tergiversations.

Faites qu'elle survive,
faites, faites
que ma prière ne se perde
dans un silence sans bornes.

Faites ...

à quoi bon supplier le vide.

©  texte propriété Joel Carayon

lundi 6 octobre 2014

Wacances!

Laisser aller l'eau sans moi, où elle veut, le long de nos caniveaux, de nos fossés, de nos ruisseaux. Je vais aller voir ailleurs s'il y pleut.

Vacances me voilà, ne partez pas sans moi !
Vive l'Andalousie!

Mettre l'écriteau sur la porte :

« Absent pour la semaine et pour cause de congés bien mérités »
A bientôt !

samedi 4 octobre 2014

Lettre à l'oubli

http://pavillondulacdelouest.hautetfort.com/lettres-art/.
Pleure enfant triste repu de lune grise.
Larme après larme, note après note
construis l’îlot que ton pas foulera
au soir de ta nuit bleue. 
Joue, joue la chanson de nos pas perdus
et vous les pâles violons
aux sons travaillés dans la texture des ans,
portez sous l'archer ce chant lactescent. 
 
Regarde, enfant de lune,
là sous ma plume le reflet d'argent
caresser tes joues brûlées
au soleil radiant.

Regarde le nacre du lait au sein
que seule la sorgue te dévoile;
et danse et pleure et crie à pleine voix,

la mer, toujours elle,
glissera sous ton feu la paix de l'iode,
le tempo propice au repos.

Tu dormiras d'un sommeil blanc.

Enfant de nulle part,
vierge de toute racine,
file avec le vent nocturne
et fuis le jour qui naît dans sa lumière crue. 

©  texte propriété Joel Carayon
 

vendredi 3 octobre 2014

On n'a jamais vu ça!

Les arbres en parlent dans les courants du vent.
Ils ont tremblé sur leur racines détrempées et certains sont tombés.

La roche a roulé sous les trombes d'eau.
Et le fleuve s'est invité dans la ville à grands flots de colère.

De l'eau dans les cieux, de l'eau sur la terre qui regarde les eaux du ciel.
De l'eau à plein torrents.

De mémoire d'hommes, on n'avait jamais vu un tel assaut.
Et la pierre sourit et les arbres aussi
et le fleuve qui retourne chez lui hausse les épaules.

Ah petit homme à courte vue !

/www.tuxboard.com

jeudi 2 octobre 2014

Bienvenito


Un refrain se balance sous des cocotiers.
La ville.
Immeubles fiers et joyeux derrière leur façade décrépite.
Bienvenue Social Club.

Moteurs, marteaux piqueurs et la chanson El Campesino.
Les rues pleines des saveurs de la lumière avec les mâles qui regardent les femmes qui cherchent les mâles.
La musique glisse nostalgique se faufile sous les chemises tout près de la chair et les corps palpitent .
Piano et harmonie acidulés pudiquement se racontent rue des hommes au regard et cheveux noirs.

Les cœurs enflammés d'une gaieté blessée tournent et dansent.
Il y a des roulements dans la langue, du San dans leur foi.
La musique chante la rue sale, les façades noircies.
Des voix des rires des pleurs d'enfants.
Accords d'une vie hors America.

Il sont vieux.
Ils chantent, avec leur vie devant le micro.
Noirs et costumes blancs.
Joies gaieté guitare et blocus.
Trompettes et salsa.
Les filles se déhanchent, roulent leur fesse.
Elles savent qu'avec la musique monte l'ivresse.
Et leurs épaules se trémoussent, jouent sous des chevelures noires.
Gaieté. Gaieté sensuelle.

Les voix éraillées par le rhum ou élimées par le tabac
humblement se racontent du haut des balcons.
Et la rue les pleurs des enfants, les cris en arrière des chants,
les verres qui tintent,
les moteurs qui ronflent familièrement.
Le rhum.

Meringué, Cha Cha ou Salsa.
Le pianiste rit de ses noires et de ses blanches.
Des voix en échos résonnent dans les airs du vieux piano.
Benvenito Santiago de Cuba.
Sa figure et sa peau fatiguée.

Les clameurs du Son.
Vieille Buick au chrome piqué,
sans roues, abandonnée.
Murs de vert-pomme, chemise en accord.
Fenêtres arrondies au verre de rouge et bleu alternés.

Pincement léger d'une contre basse qui chantonne.
Applaudissements estompés.

Hasta la vista, hasta la vista Cuba .

Filles à marier.
Œillade à l'Americano. 

©  texte propriété Joel Carayon