Affichage des articles dont le libellé est élections. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est élections. Afficher tous les articles

mardi 12 janvier 2016

Fantasme


Les enfants de l'âme sont des esprits athées loin des églises ou des chapelles – cela dépend de la richesse des paroisses. Les enfants de la république ne sont plus des anges, la pureté de leur conviction est mesurable, elle est égale au solde de leur pouvoir, à la puissance que leur donnent les images et les mots. Leur foi n'a plus rien d'une sainteté laïque elle est à vendre, à injecter dans les veines. Ils ne croient plus à rien, baignent dans une consanguinité calculée, ne connaissent de nous que les déflagrations électorales, nous voient du haut de leur bulle confortable comme une matière nécessaire, des agglomérats statistiques avec une espérance de vie qui n'excède pas la durée d'un mandat. Les enfants de la République habillent leur mensonge des couleurs de la météo. Et nous gens ordinaires, chair d'électorat, entendons ce que nous soufflent nos rancœurs intimes et cet intérêt personnel que l'on dit bien pensé. Satisfaits ou remboursés mais bien plus souvent insatisfaits que remboursés.

Il faudra faire appel aux techniciens du sol, laver le parquet de nos assemblées à grandes eaux, désinfecter les esprits, changer nos modes de calcul. Gens ordinaires prenez vous par la main et bâtissez de votre propre chef le monde de demain dans l'humanité retrouvée de rapports d'homme à homme.



lundi 7 décembre 2015

Quelque chose dans l'air


Il ouvre ses yeux, et la fenêtre.
Il se lève, regarde le ciel tranquille, son bleu immobile et en dessous le tumulte des gris.

Il se dit :
- Et si c'était la dernière...

Il aime,
la rectitude des toits de tuiles,
il aime,
la géométrie rassurante de sa ville,
les maisons posées sur le bord des rues,
leurs yeux ouverts ou clos selon l'heure.
Il se dit :
- la dernière... .

Il s'immerge
dans le ronron familier des moteurs,
dans le bavardage hypnotique des foyers,
les bruits assourdis d'un jour précieusement ordinaire.

Et si c'était....

Il touche la ville des doigts,
sent sa rugosité le pénétrer,
il éprouve la dureté des trottoirs par ses pas nonchalants ou non,
glisse son épaule sur d'autres épaules
et se régale de leurs frottements légers.

...La der des der.

Il suit un parfum qui le prend par le bout de son nez,
chevauche sa fragrance ondoyante,
il dévie capturé par l'odeur d'un café,
fuit les fumées âcres échappées d'autos aérophages.

Sans cesse il se répète :
si c'était la dernière fois...dernière fois que ce jour se lève.


mercredi 25 novembre 2015

Maraîchage électoral


Achetez ou vendez du citoyen comme des tomates. Bouffez de la république comme du chocolat. Cultivez en plants media, tutorisez les vieilles plantes fragiles, caressez dans le sens des feuilles, semez la peur en champs électoraux, choisissez vos porte- greffes dans les terroirs les plus glauques, plantez français.

Gesticulez, moulinez dans le vent, éventez vos engagements, passez la brosse à reluire, bouc-émettez, élevez vos promesses en batterie. Essaimez. Traitez à la bouillie, repiquez, répliquez.

Montrez du doigt, attisez l'ego, tordez les mots, torturez les idées, déformez, réformez sur papier, blablater, serrez des mains, embrassez du bout des lèvres, tournez la veste, allez, venez, dansez la danse de la mouche autour du coche, héler, crier, interpeller , copiner, ergoter, cocoricoter.

Faire du vent, répandre des bruits, ruminer la rumeur, s'amnistier, troubler l'eau comme la chaux, mentir, cacher, se couper du monde, vase clore, clôturer le champ de ses interventions, chloroformer, chlorer, tri-chlorer, tri-colorer, mettre dans le secret, mettre au secret.

Nager en eau trouble, dans le sens du courant, filer, se faux filer, falsifier, récupérer, détourner, achever le mourant, dénoncer, renoncer, danser la danse de saint Gui, buzzer, big buzzer, beugler, bluffer, jouer les cow-boys, cow-boycoter, sourire, fomenter, conspirer, conspuer-embrasser-embraser , rhéto-rhétorire-rhétoriquer, réthoniquer.

Bouffer de la politique comme on s'envoie un burger, vite fait, sans goût, sans état d'âme. Attention à la surcharge, attention à l'excès, attention au laxisme, attention à la république des bananiers, attention trop c'est trop, beaucoup trop le chaland va vomir.