vendredi 21 mars 2014

Printemps d'homme.


L'enfant dans sa mue d'homme parle d'une voix
qui se casse, à franchir les mondes.
Ses yeux se détournent des jeux d'hier
et s'émerveillent de ce qui les appelle.

Là, sous sa poitrine, un cœur qui s'affole,
là, un large frisson à fleur de peau,
là, cet étranger en sa demeure,
ce chant nouveau entre plainte et douce ivresse,
là, qui balbutie, ce trouble
dans le sillage d'une enfant presque femme,
Là, dans le printemps de leurs corps
le ballet maladroitement formé
des regards à la dérobée,
des mains qui se balancent, se cachent
et timidement se touchent.

Plus tard sa soif d'elle,
son parfum sur ses doigts,
sur ses mains, ses lèvres...
Un cri, entre extase et douleur
renverse leur monde.

Hier enfants dans leur mue d'homme,
aujourd'hui hommes aux rêves d'enfants.

©  texte propriété Joel Carayon