lundi 26 mai 2014

Au bord du zinc

Quelque part en Douce France,  au lendemain des « Européennes », une voix comme une conscience questionne et ON lui répond de sa ville, de son village, de son quartier, sinistrés, du bord du zinc, de la marne ou du Rhône, ou d'ailleurs.



Hé toi le ON ! Tu es content ? T'es plus léger, Tu jubiles ? Dans ta tête, sous ton petit crâne - là où bouillonnent la haine, la rancoeur, l'envie, la jalousie, tu lui fais payer, à lui le black beur jambon jaune gris,fonctionnaire, élus ou bien soixante huitard...

ON du bord du zinc ou de n'importe quel bord d'ailleurs :

Au fait soixante huit c'est aussi leur âge, non ? Ah ah, tous de sale couleur ! Lui l'Ôt', l'Hôte qui squatte notre système ; qui grandit qui veut être mon égal et qui me passerait devant ? Alors moi dans la chaîne serais le dernier ? Non ! Je lui barre la route, coûte que coûte. J'ai voté pour la vengeance, pour me délecter de la merde que je sème derrière moi. Ah bon je suis dans la mouïse ? Et bin maintenant, on y sera tous ! Moi je savoure mon plat préféré, qui se mange froid de surcroît !


Et t'as voté Machin pa'ce que t'as la trouille des étrangers, et pa'ce que t'es sous-franc  !

Qu'est ce qu'il veut ce sale con ? Mes alloc, je parie ! Et puis si on est en dette dans not' pays c'est bien à cause de ces étrangers, avec la CMU, avec le RSA, et tous ces collabo qui aident ces clando ! Qu'on les laisse crever sur leurs bateaux. Allez patron remets nous ça, c'est ma tournée ! Moi je fête la victoire en buvant. Pour nos taureaux en Camargue, pour nos pigeons en Bretagne ; nos sangliers, nos chevreuils en Sologne, pour nos frontières refermées ; le monde, tu vas voir c'que tu vas voir !... Et puis t'as vu la gueule de l'instit, oh oh bien fait pour lui ! On va tous les chauffer, vive Machin ! Et les écolos, quels guignols, le réchauffement du climat, quelle rigolade ! Et puis Miss Europe, des mamelles plates comme une grand mère ! T'as rien à m'offrir, casse toi ! Serge, t'as raison toi, tu roules en Kat'Kat' BM, tu files déposer ton argent en Suisse, comme un grand fortuné. T'as bien raison Serge ! On va continuer à payer pour des salopards, des feignants qui se reproduisent comme des lapins, envahissent nos ferrades et nos stades ? Je vote Machin , je vote Malin ! Et aujourd'hui je me tape sur les cuisses ! Allez dégage p'tit con de rêveur ! T'es qu'un idéaliste, t'as pas d'couilles, on est pas du même monde !

Quelque part en Douce France :

Eh l'autre Le Silencieux ! T'as fait la gueule, le vote pas ton problème ! T'as préféré la pêche à la ligne.

Eh oh, ch'uis pas le seul !

T'en profites pour te faire une morale ? Hein tu dis partout : j'ai pas voté pa'ce que sont tous des abrutis, tous des vendus, tous de menteurs ! Pas vrai ?

Ouais ! Si j'y vais, je vais me laisser aller puis vous allez le regretter. Je donne ma voix à personne, je la vends !

Ta voix parlons-en, tu t 'en fous ! Trop loin de toi, tout ça.


Ça me changera quoi d'aller élire ce guignol qui va glander à Bruxelles ? Je m'en tamponne, ouais ! Moi je me démerde ! J'embrouille, je me débrouille. D'accord j'empoche tout ce qui me passe sous la main, je trafique un peu aussi. Mais bon c'est normal, je fais comme les autres, mais Ils l'ont bien cherché ; c'est leur faute si on en est arrivé là ! Tu crois pas que je vais me laisser faire non ? T'as vu ce que je paye pour les nourrir, tous ces parasites politicards de l'europe !

En fait ça t'arrange drôlement bien qu'ON fasse le sale boulot pour toi. Comme ça, toi tu restes blanc comme neige...

Allez cass'toi sal'con !

Hé,le politicard, je devrais dire polichinelle,pour la plupart ! T'as reçu une bien belle raclée ! Allez avoue, pour une fois reconnais-le !
Oh c'est pas vraiment une défaite ! Eh ! T'as vu le score de l'Abstention ?

Belle dame, elle plaît beaucoup, c'est vrai !

Arrête de te moquer de tout. C'est le signe d'une grande insurrection, ILS sont au pouvoir et Machin monte d'élections en érections. C'est leur faute, c'est à cause d'eux !

La rengaine, toujours la même rengaine, les autres, les autres, tous des vilains ! Moi je n'y suis pour rien ! Le refrain, toujours le même refrain de générations en générations, y a trop de consanguinité chez vous, comme au temps de nos rois qu'on a décapité...
Tu comprends rien, Cass'toi sal'con ! 

©  texte propriété Joel Carayon